Bush est parti, Vive Obama…


Alors que la foule applaudissait chaleureusement le discours du président Obama, bercée par des mots magiques qui faisaient presque rêver et emportaient les gens dans une sorte d’euphorie,  une page de l’histoire de l’humanité entière semblait être tournée. En effet, l’hélicoptère qui amenait George Bush et son épouse en ascendant vers les nuages  alors que sur le sol restait le nouveau couple présidentiel est plus qu’une image réelle mais une allégorie qui sera vivante dans les esprits et ouvrira la porte à un tas de questions.  Bush s’est vite allé refugier dans son ranch en laissant derrière lui un héritage pour Obama, mais aussi pour le monde entier, difficile à effacer et lourd à porter.  Aujourd’hui au delà des gestes symboliques comme celui que s’est empressé d’accomplir le président Obama , à savoir signer un décret présidentiel ordonnant la fermeture de la prison Guantanamo  ou de la mention de mots vagues lors de son discours annonçant un nouveau début  dans les relations avec le monde musulman,  il serait  difficile presque impossible au nouveau président de se distancer de son prédécesseur à moins de la tenue d’une commission d’enquête qui jettera de la lumière sur cette page noire de la politique américaine et de la création d’institutions qui viendraient réintégrer la transparence et restaurer l’éthique.

Durant le règne de Bush, l’administration américaine s’est dotée d’outils et de techniques de torture qui n’ont jamais été officialisés auparavant mais que Bush et son équipe ont eu l’audace et l’arrogance de rendre légitimes en les camouflant sous le nom de patriotisme et d’une meilleure sécurité pour le peuple américain . Ainsi la technique de la simulation de la noyade ou  l’établissement d’un réseau de prisons secrètes dans le monde en sont quelques exemples. Ces techniques ignobles n’ont pas seulement terni l’image des États-Unis mais elles ont donné le feu vert à plusieurs dictatures dans le monde de se doter et de se sophistiquer dans l’utilisation de la torture. En effet, plusieurs régimes policiers et répressifs ont trouvé dans la guerre contre le terrorisme le meilleur alibi, un cadeau du ciel comme diraient certains pour éliminer leurs opposants politiques, renforcer leur main de fer sur les populations et s’aligner sur la scène internationale comme de bons élèves dans cette nouvelle guerre où il est devenu presque impossible d’y discerner la victime de l’oppresseur. La dichotomie créée par Bush, « vous êtes  avec nous ou contre nous » n’a plus laissé la porte ouverte aux nuances ni au dialogue ni a la diplomatie, chacun interprète la guerre comme bon lui semble, selon ses motifs et ses ambitions géopolitiques.

La découverte de la torture abominable dans les prisons de Abu-Ghrib en Iraq et des abus commis en Afghanistan n’ont pas donné lieu à de véritables procès judiciaires et l’imputabilité et la transparence si bien prêchées par les États-Unis aux autres pays est restée lettre morte sur le sol américain.  L’institutionnalisation d’un système parallèle de  prisons en dehors des États-Unis où les lois américaines ne sont pas appliquées et où les accusés terroristes peuvent être détenus indéfiniment, brutalement interrogés et sans que les ententes internationales sur le traitement des prisonniers de guerre puissent prévaloir est un autre exemple du disfonctionnement qui a frappé l’administration américaine.   Seul un démantèlement de ce système parallèle de justice et la traduction devant des cours pénales de toutes les personnes qui y ont participé pourrait restaurer la place des États-Unis dans le monde comme un modèle de démocratie et de respect des droits.

Mais l’héritage de Georges Bush ne s’est pas arrêté seulement sur le plan des droits de la personne. Sur le plan de l’économie, ce président a aussi légué  à son successeur un autre casse-tête. Bush a vu devant ses yeux se déclencher la faillite du capitalisme sans prendre de mesures concrètes pour stopper l’hémorragie.   Évidemment, personne ne peut s’attendre qu’un adepte du néo-libéralisme pur et dur ose intervenir dans les lois du marché autant continuer à prôner la main invisible d’Adam Smith pour régler tous les problèmes.  Même si vers les derniers jours du règne  de Bush, des centaines de milliards ont été jetés ici et là pour sauver des institutions financières agonisantes sous le poids des magouilles, des scandales et de la corruption, il reste beaucoup à faire.  L’administration de Bush est restée incapable d’innover et de présenter une nouvelle forme de capitalisme qui permettraient de faire sortir le pays et le monde d’une frénésie du gain et de la paupérisation des classes moyennes vers une meilleure répartition des richesses et une meilleure éthique dans les marchés financiers. Par exemple, les fonds de spéculations (hedge funds) malgré leur danger bien documenté continuent à fleurir dans l’impunité totale, à fuir toute  réglementation et à faire noyer des millions sinon des milliards à chaque fois qu’une institution de la haute finance coule alors que les preneurs de décision ne rendent pas des comptes aux politiciens ni aux populations. Les « boys » de Wall-Street, toujours montrés comme les modèles de réussite professionnelle et sociale, continuent à être les héros de tous les brillants gradués des prestigieuses écoles de commerce et ce n’est pas demain la veille que la remise en question de la spéculation comme seul motif de l’utilisation des produits dérivés sera déposée sur la table. Les milliers d’intermédiaires financiers qui travaillaient pour le compte de plusieurs banques et qui ont dupé plusieurs familles américaines en les engouffrant dans des prêts hypothécaires à haut risque  ne se sont pas trouvés dépossédés de leur biens alors que les familles modestes se sont retrouvées  à la rue perdant à jamais leur rêve américain de devenir un jour propriétaire d’une maison.

Encore une fois, seule la création de nouvelles institutions qui étudieront les causes de la propagation de la corruption et  qui rétabliront la transparence et l’éthique dans les transactions financières,  permettrait de redorer l’image des États-Unis  et pourrait effacer ce que pendant huit ans l’ancienne administration américaine a par son idéologie et ses actions défigurées.

Cet article a été écrit le lendemain de l’entrée  du président Obama à la Maison Blanche.

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