Carnet de voyage a Gaza

Notes de voyage dans la bande de Gaza: du 29 mai au 4 juin 2009

La veille, mon amie et moi, sommes arrivées au Caire. Quelle ville immense! Une enveloppe fine et granuleuse, de fumée et de pollution entourait  la ville. Les immeubles étaient d’une couleur d’un brun tirant vers le rouge et le soleil qui se couchait à notre descente de l’avion reflétait sur les bâtiments ses rayons faibles rouge et ocre. Des voitures attendaient devant l’aéroport. Des voitures vielles et neuves, endommagées, cabossées ou astiquées et luisantes roulaient dans tous les sens. Bienvenue dans le pays des contradictions. Il fallait être sur ses gardes et toujours éveillé pour ne pas se faire écraser  par une voiture ou pour ne pas se faire rouler par plusieurs travailleurs qui sortent de je ne sais d’où et qui sont toujours a votre poursuite soit pour prendre vos bagages ou vous aider a prendre un taxi ou tout simplement essayer de vous aider en contre partie d’un bakchich.  Du Canada,  presque impeccable et parfaitement ordonné, je me suis retrouvée dans ce chaos indescriptible, tiraillée de toute part, à la fois ébahie et méfiante. Les gens de là-bas avaient  l’air imperturbable et désabusé, est-ce la forte présence policière et militaire qui régnait sur le pays avec une main de fer et dont on pouvait sentir et même voir la présence à chaque bout de rue ou est-ce la chaleur sèche et  continuelle provenant du désert et qui crache ses langues de feu tous les jours sans répit jusqu’ aux petites heures du matin, qui rend les gens obéissants et  résignés. Je ne sais pas. Mon contact avec l’Égypte commence à peine.

Al-Arish est une petite ville florissante à 40 km de Rafah. Cette ville est située à la frontière égyptienne avec Gaza et presque à la bordure du désert du Sinaï. Même si c’est une petite ville, j’ai pu voir qu’il y avait une faculté de médicine dentaire et une autre faculté de science et de technologie. Le centre-ville était rempli de petits magasins modernes et d’autres à l’allure plus traditionnelle. On trouvait de tout. Des produits alimentaires, des vêtements pour enfants, des jouets bon marché fabriqué en chine, de vêtements pour femmes, bref, on trouvait de tout dans un décor mixe entre l’urbain et le rural. Les sacs de poubelles en plastiques remplies de saleté jonchaient les rues et ruelles. Les déchets pourrissaient ainsi sous les rayons bienveillants du soleil brûlant et des nuées de mouches alignées comme des armées disciplinées et qui s’alimentaient et s’empiffraient avec toutes ces ordures appétissantes pour elles et nauséabondes pour moi mais presque inaperçues pour les résidants qui vaquaient à leur taches quotidiennes ne se doutant de rien comme si la saleté faisait partie intégrante de la vie quotidienne et du décor.

Au port terrestre de Rafah, du coté égyptien, le bâtiment des douanes et de la police est immense.  Le parterre est en granite et les vitres en verre fumée. Malheureusement, les agents de douane n’étaient pas en service. Ils restaient dehors, en train de fumer, parler, rigoler, échanger des boutades ou juste parler contempler le ciel ou fixer un point  lointain invisible comme s’ils rêvaient de quelque chose, les yeux ouverts. Dans cette grande bâtisse, il y avait des toilettes et même une salle de prière. Les égyptiens à Al-Arish et à Rafah ont tous l’air d’être très religieux. La plupart des hommes que je rencontrais avaient sur le front « la trace de prière », un petit cercle de peau asséchée, qui devenait avec le temps de couleur brune du fait de la prosternation cinq fois par jour sur le tapis de prière , un signe souvent considéré par la population comme un signe de piété et de religiosité.  La religion cohabitait avec l’injustice, avec la saleté des toilettes, avec la corruption et la répression, mais les gens étaient calmes et imperturbables, comme si dans ce pays des pharaons rien n’étaient plus surprenant…

La plupart des membres de notre groupe sont des américains. J’admire leur courage et leur témérité pour sortir de leur quotidien, quitter leur confort, s’éloigner de leurs proches laisser leur boulot et faire ce long voyage tout en sachant qu’ils n’auront pas beaucoup de sympathie une fois de retour aux États-Unis. Ces américains représentent un échantillon de la population. Il y avait les intellos qui observaient beaucoup, n’avaient pas beaucoup d’expressions et gardaient leurs remarques pour eux-mêmes. Il y avait l’américaine hystérique qui a un certain moment, elle nous a fait une crise de nerfs et de larmes parce qu’il y avait trop de bruit lors d’une réunion et qu’elle n’arrivait pas à entendre ce qui se disait. L’italo-américaine, toujours souriante, bonne vivante qui me posait toujours des questions sur la signification des graffiti dans les rues de Gaza. Comme si ma connaissance de l’arabe me conférait d’office une expertise eu égard du contexte de ses phrases, slogans ou annonces. Il y avait l’arabo-américaine, pédante qui évoquait à tout bout de champs sa thèse de doctorat et ses craintes exagérées générées par son prochain voyage à Beyrouth. Le groupe d’afro-américains faisait bande à part. Ils font toujours la gueule. La tension entre eux et les américains “de souche” est palpable. J’ai l’impression qu’ils cherchent la bagarre. J’ai oublié aussi la canadienne mère monoparentale qui est venue à Gaza pour se marier avec son fiancé qu’elle a connu depuis 7 ans sur le net. Je suis allée avec elle et un groupe de femme lorsque nous étions a el-Arish dans les souks de la ville pour acheter une “dechdecha”, une sorte de robe traditionnelle longue avec de jolies garnitures, qu’elle pourra mettre lors de son mariage.  Plus tard, quand j’ai rencontré l’heureux élu, j’ai failli tomber de ma chaise. L’homme en question avait carrément l’air d’un voyou. Il parlait un très bon anglais, je ne sais pas comment. Je doutais que cet homme voulait d’elle réellement, je crois qu’il cherchait une façon de sortir de Gaza. Mais la pauvre dame, elle semblait tellement amoureuse de lui, qu’elle ne se rendait pas compte de leur incompatibilité apparente. Bref, il me semblait que chacun avait une raison différente pour être ici. Parfois ça m’énerve de voir tout ce beau monde se comporter en bon et typique américain à Gaza. Leur comportement frôle parfois l’arrogance. C’est comme s’ils sont venus sauver les Gazaouis de leur misère qui dure depuis des années. Il se peut que je me trompe, certains d’entre eux sont sincères et honnêtes, sauf que leur éducation, l’impression qu’ils se font d’eux-mêmes, l’hégémonie des États-Unis dans le monde, leur donne cette image de vouloir résoudre tous les problèmes en un tour de main. Parfois, je trouve qu’ils ont des idées bornées sur la démocratie et sur la liberté. J’ose espérer que ce voyage viendra perturber leur imaginaire et démolir ses idées préconçues.

Les agents de Hamas nous suivent de très près dans tous nos déplacements. Il y a beaucoup de suspicion mais aussi un désir de tout contrôler. Il existe une concurrence entre les agents de Hamas et ceux de L’UNRWA ( l’agence onusienne pour l’aide des refugiés palestiniens). Chacun veut prouver à l’autre qu’il est capable de gérer la bande d’une manière adéquate.  Le Hamas veut nous faire visiter ses ONG alors que l’UNRWA qui a invité notre groupe pour visiter la bande Gaza veut aussi nous faire visiter ses propres organisations et les gens qui y travaillent.

Beach Camp est considéré comme l’un des plus grands camps de refugiés a Gaza. C’est un camp qui comme son nom l’indique donne sur la mer méditerranée. Pas loin de ce camps, mais du côté d’Israël, on peut voir une grande tour en brique avec une grosse fumée blanche qui s’en dégage.  En demandant autour de moi, j’ai pu  comprendre qu’il s’agit de la ville d’Ashkelon ou la ville de Al-majdel, en arabe. La tour est une centrale électrique.

Tout le long du trajet qui nous menait du Caire vers le Sinaï, j’ai vu pointant le nez vers le ciel au milieu des villages, des petits bâtiments étranges. Il s’agissait d’une sorte de petite chambre avec une forme conique, les murs sont parsemés de petits trous, soutenus par des brique ou des pierres.  Ces tours coniques étaient bâties en terre cuite et se trouvaient le plus souvent parmi les maisons des villages. Je ne comprenais pas à quoi servaient ces cônes. Même à côté du l’aire de repos dans laquelle nous nous sommes arrêtés ( quelques kilomètres avant la ville égyptienne de Rafah), j’ai vu encore une fois ce genre de construction et j’ai pu voir des pigeons aller et venir des ces bâtisses curieuses. Enfin, je compris qu’il s’agissait de pigeonniers. En effet, les Égyptiens sont très friands de viande de pigeon. Quoi de plus appétissant qu’une sauce de Mloukhia verte gélatineuse, accompagnée d’un bon riz blanc et de pigeons grillés au four.  Cet amour des pigeons peut venir aussi du fait que le Caire a été pendant des siècles une station pour les pigeons voyageurs J’ai lu dans un livre pour enfant ( “Clever Ali”) qu’on raconte que le sultan d’Egypte Al-Aziz ( un des fils de Saladin) pendant le douzième siècle (1190) eut un jour envie de manger de cerises syriennes. Pour ce, il a fait envoyer 600 pigeons vers la Syrie pour lui faire venir ces petits rubis rouges délectables des montagnes fraiches et enneigée de Alep. Les cerises étaient attachées dans des sacs en soie dans les pieds des pigeons. Aujourd’hui les pigeons ne sont plus utilisés comme messagers, toutefois il me semble que l’Egypte reste un lieu spécial pour ses beaux oiseaux.

Le seul endroit à Gaza où j’ai pu voir ces pigeonniers en forme de cônes géants en terre cuite fut au Beach camp. Je ne sais pas s’il en existe ailleurs sur la bande. Les maisons palestiniennes, si elles n’ont pas été réduites à un amas de pierres par l’artillerie israélienne, ou défigurées par les balles  successives et les fissures causées par les tanks lors des incursions, peuvent être très jolies. Surtout les maisons en pierre blanche avec des toits en tuiles rouges entourées de jardin verts. Comme de belles femmes joyeuses, elles se tiennent debout bien droite tellement charmantes sous le soleil éclatant et les réflexions merveilleuses de la mer. Malheureusement, on ne voit pas de telles maisons dans les camps de refugiés. Dans ces lieues, c’est plutôt une sorte de labyrinthe de maisons peintes souvent en blanc, tassées les unes au dessus des autres, donnant parfois sur des ruelles où les petites boutiques, côtoient les garages de fortune et les “immeubles familiers”. En effet, il est très répandu de voir deux ou trois générations habiter dans une sorte d’immeuble qui se construisent au grès des naissance et des mariage dans une famille. Le résultat est bien sûr un désastre architectural mais un rapprochement social et une façon de survivre.

The program for today is to visit the northern Gaza strip. We passed through Beach camp, a highly density camp of refugees. All these refugees are not originally from Gaza. They lost their homes and land after the “Nakba” of 1948.

I saw many factories completely destroyed; the region is named Attatara. It was so affected by the last war. People are still living in tents. From the northern part of Gaza, we can see Ashkelon, what the Palestinian used to name Al Majdal, part of Israel now. Our first stop was at the American International School. The idea to create an American school was apparently initiated by Yasser Arafat. He wanted to build a school that would attract foreign investment to the region, teach the American curriculum but the building was completed flattened by the Israel defence and when we went off our buses to see the damage from close we were very surprise to still smell the burning smell, a certain smell similar to sulphur…The Israeli borders can be seen from the American International School.

Jabalia camp is the largest camp in Gaza, it holds about 150,000 refugees, 10% of the population. Not far from there, we passed by a destroyed cement factory. Abu Ida cement factory. A little search on the interent told me that Taisir Abu Ida, the Palestinian co-owner of this cement factory estimated that more than 60 workers lost their jobs when the factory was destroyed during the Gaza war.

Beyt Lahya School: an elementary school partially destroyed during the war. Nearby we can see the tents were set for families who were displaced. No houses have been rebuilt yet, as Gaza still live under siege: no building materials are allowed to enter through any border.

I can see still some beautiful houses especially near the beach, some of them unfinished but some other completed. The houses look very big from outside with beige stones covering all the walls and the red roof giving the impression of a nice summer cottage. The graffiti are all over the city, painted on public walls on houses and stores, the pictures of young people, most likely died as martyrs are pasted everywhere. The majority of people in Beyt Lahya are local people and not refugees.

We visited Kamal Edwan Hospital. He was a fighter from the Commando who committed the Munich plot and Ehud Barak, the current Israeli defence minister, was the one who killed Kamal Adwan. There are many shops in the street selling falafel, small toys, and souvenirs.

We were escorted all the time by the UNRWA agents as well as the police forces. I had many times that we are treated as tourists and kept away from the local people.

That day we visited an area named: Jabal Alrais, it was very much destroyed during the last war: majority of the victims were civilians. A factory also that used to produce cement was completely destroyed. The farm not far from there factory was also annihilated. Camels, sheep, cows were killed.

I noticed that the Palestinians population in Gaza is very religious and conservative. Most of the girls and women wear the veil. I also noticed that some women are wearing the niqab that covers all their face and whole body.

Hier, j’ai visité Izbat Abde Rabbu, une terre agricole qui était avant la dernière guerre un  endroit où il y avait des terres agricoles, des fermes, des animaux et beaucoup de travail agricole. Malheureusement tout cela a été détruit d’une manière sauvage et brusque. Une vielle dame est venue a la rencontre de notre groupe. Elle s’exprimait en arabe mais savait faire passer son message. Elle partageait sa rage et son mécontentement de voir toute sa terre détruite et les fermes avoisinantes disparues. La destruction n’a pas fait de distinction entre riche ou pauvre, entre enfant ou vieillard. Aujourd’hui c’est la désolation.

Ce village n’est pas très loin de la ville de Sderot sur laquelle, les rockets de Hamas s’abattaient pendant la guerre mais c’est aussi par cet endroit que l’armée israélienne a fait son incursion.

Hier j’ai pu voir le parlement Palestinien ou plutôt ce qui reste du Conseil Palestinien de la Législature. A l’entrée du bâtiment un verset de coran est écrit en gros caractère comme pour rappeler les fideles que la politique en islam est basée sur la consultation : « …se consultent entre eux à propos de leurs affaires… » Ce n’est pas un grand bâtiment du calibre du parlement Canadien. La salle ou la chambre ou les élus se réunissaient pour discuter des questions du jour était complètement détruite. Un trou béant faisait maintenant rentrer un peu de lumières dans cet endroit devenu sombre et désert, des tuyaux en aluminium tombait du toit et de morceau de bétons jonchaient le sol. C’était un endroit de dévastation. Mr Said Siam, ministre de l’intérieur a été tué lors de la dernière guerre ainsi que 10 membres de sa famille par un missile qui a frappé sa maison. Apparemment c’est un espion qui a acquiescé par un simple oui, que le ministre était bel et bien chez lui avant la frappe israélienne.

Beach camp is considered as one of the most important refugee’s camp in Gaza. From Beach camp, we can see a long tower with smoke coming out. The tower is a Hydro plant in Israel: in Ashkelon. In Egypt, when I was on my way to Gaza, I noticed many cone shaped small tower with few holes. They look like built with clay and there are usually two next to each other. I asked about this strange looking towers and I was told that this where Egyptians raise their pigeons. Indeed, this makes sense for me, Egyptians like eating pigeons meat. In Gaza, I didn’t see those types of towers, but in Beach camp, I saw many pigeons on some roofs of the archaic buildings, an vague evidence for me that pigeon meat is still appreciated in the area and also another way to add some proteins to the meals of the cramped families in thus refugee camp.

There 11 universities in all in Gaza and the West Bank. The main universities in Gaza are:

1-The Islamic University of Gaza has more than 20,000 students. It is a public university with non for profit status, where students still need to pay tuition fees. The building of the IUG was funded by the French government, Intel Company, the Islamic Bank, some Arab countries, the Saudi Arabian funds.

The IUG provide community services education and continuing education. Research is a real challenge because of the lack of funding. The IUG lost two mains building containing several equipped laboratories during the last war.

2- Al-Azhar University.

3- Al Aqsa University:

There are two private universities in Gaza besides these universities.

The camp population in Gaza, according to the UN, are: Jabaliya (106,691), Rafah (95,187), Shati (78,768), Nuseirat (57,120), Khan Younis (63,219), Bureij (28,770), Maghazi (22,266), Deir al-Balah (19,534).

Israel created a settlement bloc, Gush Katif in the southwest corner of the Strip near Rafah and the Egyptian border. The Israeli settlers of Gush Katif  built greenhouses and experimented with new forms of agriculture. These greenhouses also provided employment for many hundred Gazan Palestinians. When Israel withdrew from the Gaza Strip in the Summer of 2005, some of the greenhouses were purchased with money raised by former World bank president  James Wolfensohn, and given to the Palestinian people to jump-start their economy, while others were demolished by the departing Israeli settlers.  However, the effort faltered due to limited water supply, Palestinian looting, inability to export produce due to Israeli border restrictions, and corruption in the Palestinian Authority.  The Israelis pumped the water from Gosh Katif for many years. Gosh Katif was a reservoir of water coming from the north to the south. Inside this settlement, there was a city hall, I think. Now, it is the university of Al-Aqsa. From outside, we can tell that the building is nicely built, a continuous proof of the striking difference between Gaza and Israel. The settlers also built there a playground, a soccer field, a swimming pool. They planted palm trees to create nice shaded areas.

The troubling case of the village called Juhr El Dik: Israeli soldiers occupied most of civilian’s houses in Juhr El Dik during the Gaza assault. We visited this village where mostly Bedouin people live. Compared to the camps, this place is horrible. People live in tents, among the trash and the flies. I saw barrels standing filled with rain water. People use this water to cook and wash their cloths. And of course, the kids were everywhere following our group, one of them riding a torn bike, smiling and talking to us.  I felt very disturbed by what I saw in this village.

Au bord d’une plage,  on sent de loin une odeur nauséabonde. En regardant de plus près, on voit les égouts provenant de la ville se déverser dans une sorte de marécage verdâtre. C’est ainsi que les déchets et les eaux usagers terminent leur voyage en plein air  ouvrant la porte a la prolifération des bactéries dans le sol et dans la mer.

J’ai visité  le sud de la bande de Gaza. Les villages Abassane Kabira et Abassane Saghira. Ce sont des villages très proche de la frontière israélienne. Il n’y a pas beaucoup de refugiés dans ces deux villages. Ce sont des habitants de souche qui habitent encore dans ces villages. La région me parait plus ou moins prospère comparée aux camps de réfugiés ou les gens s’entassent et les commerces et les habitations ne font qu’un. Dans cet endroit j’ai vu des collecteurs d’eaux appelés en arabe ( Hawaz). Il y a aussi une très jolie mosquée avec un dôme bleu, elle me rappelle le style perse d’Ispahan et de Tachkent. C’est la mosquée Omar Abdel Aziz. Le sol est d’une couleur aubrun, c’est une belle terre fertile, on y plante, des légumes, des figues et des olives.  Le marché est relativement dynamique et les maisons biens entretenues avec des petits jardins. Mais il y les cicatrices de la dernière incursion israélienne. Je vois des maisons criblées de balles. C’est ironique mais ces trous deviennent des abris pour les oiseaux, on les aperçoit entrer et sortir furtivement.

Bir Sheba or Bir Sebea est de l’autre côté de Abassane Kabira du côtee israélien. Au fil des ans des kibboutz y ont été construits, des familles de plusieurs pays du monde y sont venues travailler. De loin, je vois la verdure, les carrés de terre travailler, on dirait un tableau parfait,  la prospérité du côté israélien contraste avec la désolation de la bande de Gaza. Lors de la derniere guerre, les avions F16 décollaient de Bir Shebba d’Israël pour venir bombarder les palestiniens.

Pas loin de cet endroit, j’apprend qu’il y a un point d’entrée vers Israël c’est le passage de Sofa. Nos guides nous ont dit qu’avant le siège, c’est par ici que les matériaux de construction rentraient à la bande de Gaza. “La route de Salahuddine” est la route nord-sud qui traverse toute la bande de Gaza et c’est notamment la route qu’empruntaient  les anciens voyageurs de Jérusalem vers le Caire. Je présume qu’elle a eu son nom du célèbre chef musulman Saladin qui a pu reconquérir Jérusalem après plusieurs années de croisade.

A Rafah, du côté palestinien, il y a des endroits qui s’appellent “Brazil” et “Canada”. Ces appellations sont des  dues au fait que lors de la guerre de 1967, des bataillons du Canada et du Brésil sont venus stationner sous la bannière de l’ONU. Même après le départ de ces troupes, les réfugiés palestiniens ont gardé le nom des contingents.

Les bombes DIME: ce sont des nouvelles bombes, les médecins palestiniens apprennent sur le tas à soigner les blessés engendrés par ces bombes au fur et à mesure qu’ils reçoivent des patients. Ce sont des bombes qui causent une grosse déflagration ( explosion) pour un petit endroit. Elles peuvent aller de 2 à 3 m sous la terre.

Notre rencontre avec le juge Goldstone:

Le conseil de l’ONU pour les droits de la personne a ordonné cette enquête. Le mandat du juge Goldstone est d’enquêter sur tous les faits relatifs a la guerre de Gaza de 2009, aussi bien les attaques israéliennes sur Gaza que les tirs de rocket de Hamas sur Israël.

Dans un joli hôtel pas loin du nôtre, le juge a accueilli notre délégation. Il nous a appris qu’Israël n’était pas en train de coopérer avec son enquête. Il est venu a Gaza pour des audiences avec des organisations de la société civile pour documenter les effets du siège sur la vie des civils. Il compte aussi tenir des audiences à Genève. Son espoir est que le conseil de sécurité de l’ONU puisse prendre des actions une fois que son rapport d’enquête soit remis.

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