Le profilage racial

Je m’étonne de voir les journalistes évoquer, depuis l’annonce récente par les États-Unis des nouvelles mesures de sécurité, les possibilités de dérapage et l’utilisation du profilage racial comme moyen pour arrêter les personnes dans les aéroports. Comme s’il fallait ces nouvelles mesures pour déclarer que le profile racial était en œuvre depuis belle lurette.  Est-ce que les gens ont la mémoire courte ou quoi? Avons-nous oublié que déjà depuis les événements du 11 septembre 2001, les ressortissants étrangers de certains pays voulant entrer au États-Unis devaient être pris en photo et leurs empreintes digitales apposées sur des cartes? Avons-nous si rapidement oublié que les détenus en vertu des certificats de sécurité au Canada sont des arabes et musulmans et que leur religion et leurs fréquentations étaient parmi les facteurs qui ont déclenché la suspicion contre eux. Et qu’en est-il des plusieurs cas bien documentés de personnes de couleurs arrêtées par les policiers à cause uniquement de leur race. 

J’aimerai ici citer une anecdote qui m’est personnellement arrivée le mois de juin 2009 à l’aéroport de Charles de Gaulles à Paris. J’étais en compagnie d’une amie et on s’apprêtait à prendre l’avion pour Montréal. Je passais en premier par le détecteur de métal. D’habitude, s’il y a un signal émis, je suis automatiquement fouillée. Ce jour, il n’y avait aucun signal, mais dès que j’ai fini de franchir le détecteur, une agente de sécurité, de couleur noire, qui était assise sur une chaise se leva subitement et vint vers moi, elle m’ordonna sans aucune explication, même pas une phrase pour dire qu’elle doit faire une vérification au hasard ( d’ailleurs je me demande toujours selon quelle loi statistique ces fouilles sont effectuées, peut-être une loi de poisson ou une loi de Bernoulli, enfin… ) d’écarter les bras et me soumit à une fouille détaillée. J’étais calme, je ne voulais point me fâcher frappée en quelque sorte par un fatalisme de circonstance. Mon amie derrière moi, suivait la scène de près. Il ne lui fallut pas un doctorat en psychologie pour comprendre que mon voile islamique était certainement l’instigateur de la démarche du moins bizarre de l’agente. Mon amie s’est fâchée et a osé poser des questions à l’agente en question.  Celle-ci, dans une arrogance dont seuls les parisiens en sont capables lui a répondu avec mépris que nous étions dans un aéroport et qu’il fallait accepter toutes les mesures de sécurité. «  go, go to « ze » plane… » lui lança-t-elle.  Je savais que ça ne sert à rien de poser des questions dans ce genre de situation, en fait j’étais une habituée de profilage « vestimentaire » et racial. Je suis arrivée à une étape où je prenais les choses avec un grain de philosophie. Mais, trêve de cynisme et retour à la réalité. Comment permettons-nous comme une société que de telles mesures deviennent monnaie courante. Pourquoi avons-nous perdu notre capacité de réfléchir et de critiquer? Pourquoi devrons-nous payer les erreurs d’un système de sécurité américain défaillant qui savait tout sur le présumé terroriste et sur ses intentions et qui n’a pris aucune mesure pour  le stopper? Ne sommes-nous pas ici en train de donner à un petit garçon gâté une seconde chance en lui achetant de notre argent un nouveau jouet alors qu’il n’a pas su jouer avec le premier? Pourquoi répétons-nous la même faute qu’avec le système financier? Au lieur d’aller à la source et réglementer le système, le gouvernement américain a décidé de payer plus d’argent à ces mêmes banques qui ont joué avec le feu et mené l’économie au bord du gouffre? Je cherche toujours des réponses …

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