La Journée internationale de la femme : une occasion pour ouvrir nos cœurs et écoute

Chaque année, plusieurs femmes de par le monde célèbrent le 8 mars comme la Journée internationale de la femme. Et, à cette date, des sujets traditionnels sont soulevés tels le droit à l’avortement, l’équité salariale, la violence faite aux femmes… Tous ces sujets sont certes toujours d’actualité et méritent qu’on s’y penche et qu’on y apporte des solutions ou du moins des ébauches de solutions.
Toutefois, il est déplorable de voir que ce débat au sujet des femmes soit toujours tenu avec une saveur salvatrice, frôlant un prêche moralisateur, toujours à sens unique.
Je m’explique.
C’est un discours occidental s’adressant à l’Orient, qui brièvement répète les mêmes idées : nous, les femmes émancipées d’ici, sommes venues pour aider les femmes partout dans le monde à se libérer de l’oppression, à briser les chaines des traditions patriarcales et à rehausser le statut dégradé et rabaissé de la femme. Les images habituelles des femmes afghanes en burqa défilent à la télé, la question de l’avortement sélectif en Inde ou en Chine ressurgit (c’est le cas où on détecte le sexe de l’enfant à l’aide d’une échographie pendant la grossesse, afin que la femme puisse pratiquer l’avortement du fœtus s’il s’agit d’une fille) et les histoires de mariage forcé au Liban ou en Jordanie remplissent les pages des journaux.

Le sort des femmes, pourtant, est beaucoup plus diversifié et complexe que ces images stéréotypées qui occupent l’espace des médias et les esprits des communs des mortels. Tout d’abord, la question de la femme n’est pas l’apanage d’un groupe de personnes, hommes ou femmes, mais plutôt une question qui nous concerne tous. Le sort d’une population qui vit sous une dictature depuis des années est une question intimement liée à la question de la femme.
Les questions des guerres et des conflits meurtriers est un sujet qui touche directement les femmes.

La question du terrorisme, de la sécurité nationale où des hommes disparaissent dans des prisons secrètes laissant derrière eux des femmes sans ressources ni pouvoir pour les défendre et des enfants dans le besoin, est une question qui affecte aussi le sort des femmes.

Qu’avons-nous à offrir à toutes ces femmes ? Est-ce que leur sort nous intéresse encore ? Ou voulons-nous tout simplement nous attarder à leur apparence et avoir la conscience tranquille en autant qu’elles portent des robes modernes, qu’elles se montrent en public la tête nue, et qu’elles s’affichent comme étant enfin libres du joug des traditions ? Avons-nous laissé la porte ouverte à des femmes afghanes ou irakiennes pour qu’elles viennent nous raconter leur souffrance suite aux bombardements et à la mort de leur proche et de leurs bien-aimés, en oubliant pour un instant le genre de vêtement qu’elles portent ? Et pourquoi faut-il toujours aller dans des contrées lointaines pour dénoncer l’oppression des femmes ? Qu’en est-il de notre propre cour ? Qu’avons-nous fait pour nos sœurs autochtones qui continuent de vivre dans la pauvreté et dans des conditions misérables d’insalubrité qui rappellent celles des pays en voie de développement ? Lors de la campagne « On a volé la vie de nos sœurs », menée par Amnistie Internationale sur la violence faites aux femmes autochtones, il n’y a malheureusement eu qu’un silence lourd et pesant.

Pour améliorer le sort des femmes d’ici et d’ailleurs, nous avons besoin d’écouter plus que de parler et nous avons besoin d’aller au-delà des images chocs qui, une fois passées, sont rapidement oubliées. Nous avons besoin d’ouvrir nos cœurs et d’écouter la souffrance des autres quelles que soient leur race et leur couleur. La solution ne viendra pas en imposant un modèle universel, je doute d’ailleurs s’il en existe un, mais plutôt en laissant à chaque femme le soin de choisir son destin libre de toute forme d’oppression, d’intervention et de domination. Seule une éducation pourra nous aider, comme première étape à surmonter les obstacles. Je parle ici d’une éducation réciproque. Une éducation des femmes d’ici et d’ailleurs pour mieux se connaitre pour mieux s’entraider. Et je me permets de rêver que cela sera possible.

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