Il est temps que le Québec se sépare…

Je pense que le temps est bel et bien venu pour que le Québec se sépare de… la France. Pour ce qui est du Canada, c’est une autre histoire! Laissons ça pour une autre fois. Mais examinons pour le moment, la question de la séparation du Québec de la France.

La France, ancien pays colonisateur, a tout le temps fait croire – et réussi à plusieurs égards – à ses anciennes colonies de sa supériorité intellectuelle. Les romans, les musées, l’art, la poésie, les chansons, les films… Tout cela, c’est la France! La fraternité, l’égalité et la liberté, ça aussi c’est la France. Mais depuis quelque temps, la vapeur se renverse et les choses vont mal en France. Le chômage, les scandales politiques, les mauvaises cotations financières, c’est devenu la France! La montée de la xénophobie, l’extrême droite, l’obsession avec les cheveux des femmes musulmanes, ça aussi c’est la France!

Malheureusement, à chaque fois que la France fait un pas dans la mauvaise direction, le Québec la suit et ça, ce n’est pas bon! C’est pour cela qu’à mon avis, qu’il faudrait finir avec cette relation ambigüe.

Pendant des années, des milliers de Nord-Africains ont quitté l’Hexagone parce qu’ils ne pouvaient plus de la discrimination systémique à l’emploi. Ils ne pouvaient plus du regard humiliant dans le métro. Le Québec représentait l’Eldorado pour plusieurs d’entre eux. Et c’était effectivement le cas!

Plusieurs ont pu travailler, acheter des maisons, rentrer dans la fonction publique et sortir des cités et de la ghettoïsation imminente qui guettaient leurs enfants. L’Eldorado n’a pas trop duré et pour cause: la France a commencé à exporter ses « mauvaises marchandises » au Québec. Non, je ne parle pas du fromage. Lui aussi, c’est problématique! Mais pour le fromage, c’est avec Stephen Harper qu’il faudrait régler l’affaire, car c’est lui qui a capitulé face aux négociateurs français, ce qui va permettre aux fromages français d’inonder tout le Canada et décimer plusieurs fromageries artisanales purement québécoises.

Mais en parlant de mauvaises marchandises, je parlais de la xénophobie, de l’extrême droite et de l’obsession des Français avec les cheveux des femmes musulmanes. Certains vont rire de moi en pensant que je divague. Mais souvenez-vous de ma dernière chronique, il m’arrive parfois d’être folle, surtout quand je porte mon voile ou que quand mon mari est à la maison et qu’il commence à me donner des ordres.

Bon alors, je disais que la France exporte la xénophobie. Puisque la théorie colonisatrice dit que tout ce que la France fait est bon, alors quand certains Français commencent à traiter les Arabes de bougnoules et que le papa de Marine Le Pen déclarait une fois que « à nos portes, au sud de la méditerranée, 200 millions de musulmans sont une menace sérieuse», il devient plus acceptable au Québec de faire des choses semblables. La preuve un certain Jean Allaire, dont je n’ai jamais entendu parler auparavant, et qui s’avère être le fondateur de l’ADQ, s’est permis récemment de dire que le coran, livre saint des musulmans, est untexte de conquête et de violence. Là encore ce n’est pas la faute à Pauline, c’est la faute à la France qui a ouvert la porte grande ouverte à ces insultes gratuites.

Quant à l’obsession des Français avec les cheveux des musulmanes, ça ne date pas d’hier ça. Ça remonte à la période de la colonisation de l’Algérie par la France. C’était une colonisation des peuples et des esprits, mais aussi une colonisation pour dévoiler le corps des musulmanes. (Georges Bush s’en est inspiré pour aller guerroyer en Afghanistan et libérez les femmes de leur burqa) Ce qui est fascinant, c’est qu’un des slogans utilisés par les colons français à l’époque était : « N’êtes-vous donc pas jolie? Dévoilez-vous! »

Et puis, plus tard dans les années 90, quand il y eut toute la question du voile et des lycéennes françaises expulsées de leur lycée à cause du voile, cela n’a pas tardé à toucher le Québec. Rappelez-vous toutes les histoires dans la presse des jeunes filles au Québec expulsées de certaines écoles à cause du voile ou celles à qui on ne permettait pas de jouer au soccer ou faire des arts martiaux avec leur voile. À chaque fois qu’un tollé commence en France, attachez vos ceintures et attendez-vous qu’il traverse les océans et qu’il arrive au Québec.

Quand va-t-on mettre la France de côté et comprendre qu’ici, ce n’est pas là-bas? Que le Québec a été fondé par les Français, certes, mais qu’il y a un héritage autochtone qui rappelle l’importance du consensus. Pauline ne peut pas dire aux femmes et aux hommes comment s’habiller et quoi porter. Et au risque d’offenser plus d’un, j’aimerai citer John Ralston Saul qui dans son ouvrage Mon pays métis avait écrit « nous ne sommes pas une civilisation d’inspiration française ou britannique, nous ne l’avons jamais été »

Alors, Pauline et Bernard, c’est pour quand la séparation?

 Cette chronique a été publiée sur le Huffington Post Québec

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