Petit lexique des symboles des femmes musulmanes

Ces derniers jours, j’ai l’impression que plus la Charte des valeurs fait les manchettes dans les nouvelles, plus les esprits des gens sont confus et plus leur vocabulaire devient imprécis et bourré d’erreurs. Un grand méli-mélo de termes, exactement comme dans un bazar perse ou un souk arabe. Ce charabia de termes et de mots à connotation barbare rajoute au climat de peur et d’ignorance.
Alors, par pure magnanimité et pour dissiper le brouillard qui s’est emparé des esprits et des dictionnaires, ainsi que pour sauver le Québec de la grande noirceur qui s’abat sur lui, j’ai décidé de faire un cadeau à Madame Marois et aux partisans de la Charte (allez dire que les musulmanes ne sont pas généreuses).

En fait, j’ai décidé d’écrire un guide lexicologique pour les novices qui se lancent dans ce débat pour la première fois. Ce guide peut aussi être consulté sporadiquement par les intermédiaires à chaque fois que les choses se brouillent. Je ne pense pas que les «pro» comme Bernard Drainville et compagnie en ont besoin! Mais à eux de décider…

Le hidjab ou hijab: mot toujours féminin, jamais masculin à cause de l’oppression des femmes musulmanes. Aussi écrit dans les commentaires des partisans de la Charte comme ijab ou idjab ou parfois même la «chose» ou le «torchon sur la tête». Ce mot est d’origine arabe et veut dire dérober au regard ou cacher.

Il peut être attaché de différentes façons. De gauche (pour les plus modernistes) de droite (pour les conservatrices) ou au milieu pour les vieilles mémères comme moi. Mais parait-il, selon les sondages, quelle que soit sa forme, sa couleur, sa marque, il reste très dangereux, d’où sa prochaine interdiction par Pauline Marois.

Le foulard: anciennement utilisée par les grand-mamans et les arrières grand-mamans québécoises pures laines pour aller à l’église le dimanche. Encore utilisé par des grands-mamans d’aujourd’hui qui sortent de chez le coiffeur de peur que leur mise en plis ne se défasse. La Charte des valeurs québécoises est restée muette là-dessus. Toutefois, quand on lui rajoute l’adjectif «islamique», il rejoint le mot hidjab et peut montrer des signes d’agressivité.

Le tchador: prononcé «chat-dort», mais rassurez-vous les souris, les politiciens, sont là pour le surveiller! Mot originaire d’Iran et qui veut dire littéralement «tente». Oui, oui, vous avez bien lu. Tente, comme la tente de camping qu’on prend avec nous l’été, avec la seule différence qu’elle est toujours de couleur noire. Ce symbole fait beaucoup peur, car il rappelle de mauvais souvenirs comme le film américain des années 90 Jamais sans ma filleou Khomeiny avec son regard perçant et ses sourcils froncés. Étrangement, le tchador ne fait pas l’unanimité entre les politiciens. Fatma Houda Pépin en a fait son cheval de bataille, suivi là dedans par Philippe Couillard, en prenant bien soin de la mettre à la porte et de s’approprier l’idée. Mais Bernard Drainville, lui, hésite encore. Car même s’il a pensé que le «chat-dort» sera interdit dans la fonction publique, il sera quand même permis dans les universités. Cherchez la logique!

Le voile: quand il est sage et innocent, c’est un voile qui recouvre la tête sans faire de dommages au cerveau, comme par exemple le voile de la mariée. Toutefois, quand il se marie à l’islam, deux mutations génétiques peuvent se produire. La première: le voile islamique. La femme devient opprimée, contrôlée, sans opinion. Elle montre des signes de détresse qui n’échappe pas aux yeux de Bernard Drainville. Mais heureusement, son visage reste intact. Cependant, avec le voile intégral, c’est la catastrophe. Tout le visage est couvert et on ne laisse qu’une seule petite fente au niveau des yeux et des petits trous au niveau du nez pour respirer. Au cas où le fabricant du niqab (toujours un homme) omet ces trous, c’est la suffocation totale.

Le niqab: mot qui veut dire «masque», mais pas aussi inoffensif que les masques portés à l’Halloween. Apparemment, il peut être porté par les voleurs pour effectuer des hold-upd’où la raison de son interdiction. Selon les rumeurs qui circulent, les femmes qui le portent sont toujours fâchées qu’elles n’osent pas afficher leur visage. Certaines préfèrent se tourner vers le mur pour parler à la classe au lieu de vous regarder en face.

La burqa: selon Nicolas Sarkozy, ex-président français, la burqa est un «signe d’asservissement» de la femme. Malgré tous ses efforts pour obtenir la nationalité française, la «burqa n’est pas la bienvenue sur le territoire de la République française», encore selon les dires de Sarkozy. Pauline Marois a tellement adoré les mots de Sarkozy qu’elle a décidé de lui emboîter le pas. Laura Bush, la femme de Georges W. Bush, ex-président américain, a imploré les Américains d’aller en guerre en Afghanistan pour sauver les Afghanes de la burqa. Michelle Obama n’a encore rien dit surement préoccupée par les frasques supposées de Beyoncé et de Barack.

Voilà, c’est fait! Si vous avez d’autres mots que vous ne comprenez pas, n’hésitez surtout pas à me contacter.

Ce texte a été publié sur le Huffington Post Québec

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