Salon du livre de Genève

Je viens de passer des journées magnifiques à Genève. J’ai visité pour la première fois le Salon du livre de Genève dans sa 30è édition, en tant qu’auteure canadienne. Des auteurs québécois comme Marie Laberge ou Patrick Sénécal y sont des habitués. Ils avaient leur fans qui les lisaient et qui en demandaient plus. C’était des stars du Québec.

Evidemment, personne ne me connait là-bas ni comme auteure ni comme militante engagée pour les droits de la personne. Toutefois, en tenant des séances de dédicace, j’ai fait la connaissance de certains lecteurs suisses qui m’ont paru trop ouverts et très intéressés par ce que j’avais à leur dire sur mon experience personnelle mais aussi en tant qu’écrivaine immigrante et qui parmi ses multiples identités se présente comme musulmane.

J’ai aussi l’occasion d’avoir eu une discussion avec un auteur français sur “la philosophie de la migration”. En fait, c’était plutôt un monologue. Mr. Hédi Kaddour qui est apparemment un écrivain connu en France, n’avait pas l’air du tout intéressé à parler de migration mais certainement passionné et animé pour parler de son livre “Les prépondérants”. Je n’ai pu établir aucun dialogue avec lui, c’est comme si je n’existais pas ou presque.

Bref, tout ça pour dire que mon expérience avec “M. et Madame tout le monde” était plus chaleureuse et plus humaine qu’avec un auteur, intellectuel qui a en fait tout pour partager avec les autres mais chez qui je n’ai pas détecté beaucoup de curiosité, du moins à mon égard…

Je comprend de plus en plus que porter un foulard peut créer des obstacles, pas chez moi en tout cas, mais chez les autres. Moi, qui ai décidé, de porter un foulard pour qu’on me prenne au sérieux au lieu de s’attarder sur mon maquillage ou sur ma coupe de cheveux ou sur la mode de vêtement que je porte, me retrouve aujourd’hui toujours ramenée à la case de départ: mon choix vestimentaire et tout ce que cela représente: l’oppression, l’intégrisme, l’obscurantisme…

Je reste cependant déterminée à écrire, à réfléchir et à partager mes écrits avec ceux qui sont curieux et ceux qui veulent apprendre, connaitre et découvrir, et non pas ceux qui sont imbus d’eux mêmes et qui pensent avoir tout compris sur le monde ou posséder la vérité ou la lumière unique qui les guidera dans cette vie.

Certes, les gens en Occident ont peur de l’islam et des musulmans. Mais, les gens ont aussi besoin d’un discours intelligent, nouveau et innovateur. Les gens ne croient plus toujours à ce que leur disent les médias ou certains pseudo-intelectuels ou experts en l’islam. Ils veulent autre chose. Ils veulent des explications honnêtes et personnelles. Ils veulent des histoires et c’est là où réside le travail. C’est là où nous avons besoin de nouvelles voix pour parler, discuter, échanger des idées.

 

 

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