En politique, il n’y a pas de “Best Friends Forever”

 

Malheureusement, il semble que pour plusieurs groupes musulmans du Québec, le travail de lobbying ou de représentation des droits des musulmans est souvent confondu avec la notion de tisser une amitié avec certains politiciens.

Heureusement que le premier Ministre Philipe Couillard, considéré par plusieurs de ces groupes comme un ami « raisonnable », est venu leur rappeler que dans la vie d’un politicien ce qui compte le plus ce sont les sondages et les caisses du parti et que les gentils mots échangés pendant certains festivals de « couscous » ou de « chameaux » ainsi que les quelques larmes sincères ou non, versées lors des funérailles des six musulmans assassinés à la mosquée de Québec, sont éphémères, rapidement séchées dès la publication du premier sondage qui dirait par exemple que la Coalition pour l’Avenir du Québec (CAQ), deviendrait un concurrent dangereux dans certaines circonscriptions électorales.

Ce n’est pas un secret que la CAQ, depuis des années, fait de la surenchère politique sur le dos des musulmans, des immigrants, en attisant la peur des citoyens et en leur faisait faussement croire que le terrorisme est un phénomène local et que les musulmans ont tous une part de responsabilité dans les actes violents commis par chacun qui s’appellerait « Mohamed », « Abdullah » ou porterait un prénom à connotation arabo-musulmane. Le premier ministre Couillard, dans sa crainte de voir le tapis lui être tiré sous les pieds par ses adversaires politiques, a haussé le ton et a soudainement laissé tomber ces « amis musulmans » qui tels que rapporté par certains médias sont sous encore le choc, comme si cela n’était pas prévisible à quelques mois des élections provinciales.

Mais, sarcasme mis de côté, les propos du premier ministre du Québec sont graves et erronés pour deux raisons principales.

Tout d’abord, le premier ministre s’est inspiré des propos du président français, Emmanuel Macron, alors que la situation en France est plus complexe et certainement distincte de celle du Québec. La France est en crise depuis des décennies avec ses concitoyens français de foi musulmane, dont les parents ou grands-parents sont d’origine maghrébine, issues des anciennes colonies comme le Maroc, l’Algérie ou la Tunisie.

Que vient faire le Québec là-dedans? Certes, il y a une grande communauté musulmane au Québec (environ 300,000 personnes) dont 63% sont originaires de l’Afrique du Nord, toutefois c’est une communauté issue d’une immigration relativement jeune (début des années 90), appartenant à un groupe socioéconomique, qui malgré les défis de chômage (taux aux alentours de 18%), n’est pas concentrée dans des HLM ou des ghettos ethniques comme c’est le cas de la France, et constitue l’une des communautés les plus éduqués au Canada (48% détiennent des diplômes universitaires).

Par ailleurs, la France, a vu les deux dernières années, une vague d’attentats se déferler sur son territoires. Ces actes ont été commis par des français musulmans. En deux ans, le nombre de victimes de ces actes s’est élevé à 239 victimes. De plus, il y a environ 900 français qui sont partis combattre en Syrie et en Iraq.

Au Québec, il n’y a pas eu de vague d’attentats terroristes. En 2014, il y a le militaire de Saint-Jean sur Richelieu qui a été tué par Martin Rouleau, un jeune qui s’est converti à l’islam et qui faut-il le rappeler souffre de plusieurs troubles mentaux. Et bien sûr, l’histoire des jeunes québécois qui ont quitté le Québec pour aller renflouer les rangs de certains groupes combattants en Syrie. D’après ce que rapportent certains médias, entre 2012 et 2015, il y aurait eu six jeunes qui sont partis et dix autres qui ont été arrêtés par les autorités policières pour avoir essayé de joindre les rangs de certaines organisations terroristes en Syrie. Et malgré ces chiffres statistiquement non significatif, un centre pour la prévention contre la radicalisation menant à la violence a été mis en place à Montréal en grande pompe avec l’aval du maire Denis Coderre et de toute la classe politique. Aujourd’hui, la question qui se pose: « pourquoi, il n’y a pas eu un centre pour la lutte contre l’islamophobie après que six pères de famille soient tués dans leur lieux de prière, le mois de janvier passé? »

Deuxièmement, le premier ministre Couillard, a utilisé dans ses propos une rhétorique dangereuse souvent utilisée par certaines personnes en position de pouvoir et de privilège pour critiquer les demandes de certaines victimes. Ce qu’il a dit serait semblable à critiquer une femme qui a subit une violence sexuelle en lui rétorquant que c’est la façon dont elle s’habille qui est la cause de son malheur.

Et pourtant le premier ministre n’est pas fait une sortie le jour où les chiffres de Statistiques Canada ont révélé que ce sont les musulmans qui sont ceux qui ont subi l’augmentation la plus considérable d’actes haineux.

Non seulement les musulmans ont vu le nombre de crimes haineux contre eux augmenter d’une manière fulgurante mais que cette violence est généralement l’œuvre d’hommes âgés entre 18 à 24 ans.

Pourquoi, alors le premier ministre Couillard ne s’est-il pas adressé à ce groupe démographique et lui faire la leçon de morale, comme il l’a fait avec les musulmans, et lui demander de se distancer de ces crimes haineux et de reformer leur idéologie violente?

Les représentants de la communauté musulmane ont cru qu’en étant gentils et dociles avec le gouvernement, les choses s’amélioreraient d’elle même.

Malheureusement, en politique et quand il s’agit de revendiquer ses droits, il faut crier haut et faire, il faut faire beaucoup de bruit, il ne faut pas mâcher ses mots, il faut des demandes claires et il faut du courage pour poursuivre la lutte.

Après la mort de six hommes tué par un terroriste québécois dont on ignore presque tout sur sa religion et ses croyances religieuses et ses opinions politiques, aucune action concrète n’a été mise en place par le gouvernement Couillard pour éduquer la population et prévenir les actes de haine et d’islamophobie.

Il est temps que les musulmans du Québec, et du Canada aussi, sachent qui ni les Couillard, ni les Lisée, ni les Legault, ni les Nadeau- Dubois, ni même les Trudeau, ne sont des amis pour la vie. Ce sont des hommes politiques qui cherchent à se faire élire et gagner des élections. Le droit à la dignité, le respect et la liberté ne seraient jamais obtenus par des poignées de main, des sourires laconiques ou des « égo portraits » pris avec des politiciens opportunistes, mais plutôt par des luttes sociales, de l’éducation et surtout du travail militant intelligent et courageux, sur le terrain et de longue haleine.

 

 

 

 

 

Lettre à un écrivain emprisonné

Que la paix soit sur vous cher Zuhair Kutbi.

Que la paix soit sur votre esprit et votre corps. Cet esprit et ce corps que la prison, le harcèlement, l’intimidation et l’acharnement tentent chaque jour et chaque instant de faire taire, de faire courber, d’effriter et de détruire. Cet esprit et ce corps qui résistent à l’injustice et à l’arbitraire.

Cher Zuhair Kutbi, vous ne me connaissez pas et je ne vous connais pas. Nous ne nous sommes jamais rencontrés, mais en lisant sur vous, j’ai eu l’impression de lire une histoire que je connais tellement bien. Une histoire avec laquelle j’ai grandie et que j’ai maintes fois entendue dire et redire. Une histoire ou peut-être même une berceuse qu’on chante aux petits mais qui fait peur aux grands. Ceux qui oublient qu’ils étaient un jour petits. C’est l’histoire d’un homme qui réfléchit, un homme qui pense, un homme qui lutte pour un monde meilleur pour les siens et pour les autres. Un homme qui se veut une voix de raison dans un monde déboussolé. Un homme qui a choisit l’écriture comme arme contre l’obscurité, contre la corruption, contre l’oppression.

Un homme qui n’utilise pas des bombes ou des grenades pour tuer, pour mutiler ou pour décimer ses ennemis mais un homme qui choisit des mots, de la prose et des phrases pour convaincre, partager, illuminer et rêver. Un homme qui a été injustement arrêté et emprisonné. Un homme soustrait à sa famille et éloigné de ses amis. Pourquoi? Parce que vous avez osé réfléchir dans un monde où on ne réfléchit plus. Parce que vous avez osé critiquer dans un monde où on ne critique plus. Parce que vous avez simplement aimé votre peuple dans un monde où on n’aime plus.

Cher Zuhair, je vous admire pour votre courage et pour votre témérité. Je vous admire pour avoir parlé alors que des milliers comme vous ont choisi de se taire et plutôt plaire. Je vous admire parce que vous aurez pu avoir la vie facile et devenir un « écrivain perroquet ». Oui, un écrivain qui répète ce que les Maitre veulent entendre, un écrivain qui avant même de rédiger une phrase, pense au préalable au bonbon qui lui serait offert par les Maitres. Voilà tout simplement ce que c’est un « écrivain perroquet ». Ce genre si répandu et qui ne pense qu’au bonbon qui est le plus souvent enrobé de sucre mais dans lequel se trouve un poison dangereux. Un poison qui tue à petit feu, un poison qui nous efface la voix graduellement et nous confisque la raison. Un poison qui après un certain temps, nous rend aveugle, sourd et muet. Un poison qui nous fait perdre notre capacité de discernement.

Cher Zuhair, merci de résister. Ne vous sentez pas seul dans votre prison. Il y a des écrivains comme vous qui chaque jour, pensent à vous et vous parlent de loin. Il suffit de tendre l’oreille vers le loin. Loin, du pays des ours polaire et des phoques, du pays de la foret boréal et de la toundra. Pour ces écrivains, vous donnez le courage, pour ces écrivains vous redonner l’espoir, pour ces écrivains vous offrez un des plus beaux cadeaux. Le cadeau qui consiste à trouver un but pour son écriture, un but à l’amour, un but à la vie!

Chez Zuhair, votre lutte et votre résistance nous aide aussi dans nos propres luttes. Surtout ne vous sentez pas seul. Nous pensons à vous, nous nous inspirons de vous, vous êtes un « écrivain phare ». Celui qui nous éclaire le chemin, celui qui se tient fort et debout, celui qui ne baisse pas l’échine pendant la tempête, celui par qui le changement arriverait.

Ce changement dont vous rêvez et dont on rêve tous, viendra un jour, j’en suis sure. Ma certitude, je la puise de notre humanité commune, de nos luttes communes et de nos espoirs communs. Il y a quelques années, un homme que je n’ai pas connu, mais qui a vécu dans le même pays que le mien. Un homme qui comme vous vient du désert. Le désert qui créé des hommes forts et résilients. Ce désert chaud le jour et froid le soir, c’est le lieu des rencontres, c’est le lieu des contraste, c’est le lieu de la vie et de la mort. Cet homme là, dont je vous parle a lui aussi été un incompris, un homme avant son temps, un homme de mots, un homme de rêve. Il avait dit :

Lorsqu’un jour le peuple veut vivre,
Force est pour le Destin, de répondre,
Force est pour les ténèbres de se dissiper,
Force est pour les chaînes de se briser.
Avec fracas, le vent souffle dans les ravins,
au sommet des montagnes et sous les arbres
disant :
“Lorsque je tends vers un but,
je me fais porter par l’espoir
et oublie toute prudence ;
Je n’évite pas les chemins escarpés
et n’appréhende pas la chute
dans un feu brûlant.
Qui n’aime pas gravir la montagne,
vivra éternellement au fond des vallées”.

Je sens bouillonner dans mon cœur
Le sang de la jeunesse
Des vents nouveaux se lèvent en moi
Je me mets à écouter leur chant
A écouter le tonnerre qui gronde
La pluie qui tombe et la symphonie des vents.
Et lorsque je demande à la Terre :
“Mère, détestes-tu les hommes ?”
Elle me répond :
“Je bénis les ambitieux
et ceux qui aiment affronter les dangers.
Je maudis ceux qui ne s’adaptent pas
aux aléas du temps et se contentent de mener
une vie morne, comme les pierres.
Le monde est vivant.
Il aime la vie et méprise les morts,
aussi fameux qu’ils soient.
Le ciel ne garde pas, en son sein,
Les oiseaux morts
et les abeilles ne butinent pas
les fleurs fanées.
N’eût été ma tendresse maternelle,
les tombeaux n’auraient pas gardé leurs morts”.

Aboulkacem Chebbi

Et c’est par ces mots que j’aimerai terminer ma lettre à vous cher Zuhair. Je vous laisse sur ces notes qui vous connaissez certainement mais que j’ai tellement voulu partager avec vous. Pour vous expliquer la raison de mon espoir et pour ouvrir une brèche dans votre cellule et laisser pénétrer la lumière. Cette lumière que malheureusement vos geôliers ne sauraient voir mais que seulement, vous, moi et tous pleins d’autres pourrions distinguer. C’est cette lumière qui éclairera nos chemins vers la liberté.

Que la paix soit sur vous.

Dr. Zuhair Kutbi est emprisonné, interdit d’écriture, en Arabie Saoudite pour avoir critiqué le régime et suggéré qu’il devrait y avoir une monarchie constitutionnelle. Cette lettre a été lu lors d’un évènement au Salon du livre de Trois-Rivières, Livre Comme l’Air, en collaboration avec Amnistie Internationale.

Quand les mots tuent

Hier le Centre Islamique de Québec a été le théâtre d’un acte terroriste. Peu importe les motifs et l’origine des terroristes, ils sont entrés dans un lieu de culte et ont tué des gens qui priaient. Les lieux de culte partout dans le monde sont considérés comme des sanctuaires. Un endroit pour méditer, réfléchir, se protéger des maux extérieurs de la société, oublier, s’oublier. Apparemment, ce n’est plus le cas au Canada, du moins depuis hier. Une mosquée est devenue une cible sanglante. Une cible pour des attaques haineuses qui ont été nourries depuis des années par les radios poubelles du Québec qui vomissent leur venin enrobé de liberté d’expression dans les oreilles des populations. Nourries aussi par la cupidité sans borne de certains politiciens qui veulent se faire une carrière politique sur le dos des plus vulnérables. Voici, où nous en sommes arrivés. Au bord du gouffre, sinon, en plein dedans.

Jusqu’à aujourd’hui, le mot islamophobie n’est que rarement utilisé par les médias du Québec soit-disant de peur de jouer la carte des islamistes et d’exagérer un phénomène qui n’existe même pas. Alors que des islamophobes comme Djemila Benhabib, Mathieu Bock-Côté, pour ne citer que ceux-la, se cachent derrière des airs sophistiqués de laïcité à géométrie variable pour ne pas dire carrément asymétrique sont toujours les bienvenus sur les scènes publiques. Plus que ça, ce sont les chouchous de certains médias, les fous du roi. Comme quoi, le soucis d’objectivité est tellement important à préserver. Une objectivité pour certains sujets, uniquement.

Je suis venue au Canada au début des années 90 pour fuire l’intolérance et l’asphyxie que la politique française a léguée en Tunisie: la pseudo-laïcité. Une laïcité qui sous prétexte d’empêcher la religion de s’emparer du pouvoir, est devenue le test ultime de la citoyenneté. Tu fais partie de la Cité si tu rejettes la religion ( surtout une en particulier). Ainsi, si tu pries, tu es un islamiste. Si tu portes le voile, tu es une opprimée ou un dangeureuse soldate qui veut influencer toutes les femmes du monde à le porter, si tu as des opinions politiques qui s’opposent au régime autocratique, alors tu es un islamiste et dois aller en prison. La liberté ne se mesure plus par l’illumination de l’esprit mais par les centimètres de peaux dévoilées ou par la couleur des cheveux et leur beauté. Voilà ce que j’ai fui.

Je me suis établie au Québec pour deux simples raisons: la langue et la quête de liberté.
Malheureusement, au fil des années, j’ai compris que les choses n’étaient pas aussi simple que je les entrevoyais. Ma langue française ne semble plus suffire alors que tout le débat identitaire depuis la révolution tranquille au Québec a principalement porté sur l’importance de la langue française. Ma langue était prise pour acquise, il fallait montrer une autre patte blanche: mon amour de la laïcité. Une certaine laïcité. Evidemment, le fait que j’ai décidé de porter un foulard à l’âge de vingt ans pour des motifs spirituels et religieux, ont fait de moi la candidate de l’oppression par excellence. Le Québec n’était pas aussi libre que je le pensais, le Québec voulait retrouver sa liberté et les personnes qui montraient un signe religieux contribuaient à son oppression: du moins c’est ce qui était dit et répété sur toutes les tribunes depuis les vingt dernières années. Le vote ethnique dérange. Le voile islamique dérange. Les centres islamiques dérangent. Le stationnement des musulmans dans les quartiers devant leur lieux des prière dérangent. Les musulmans qui mangent halal dérangent. Les musulmans qui ne mangent pas les fèves au lard dans les cabanes à sucre dérangent. Le niqab dérange. Les femmes d’origine maghrébines qui sont bardées de diplômes et qui travaillent dans des garderies parce qu’elles n’ont pas trouvé d’autres emplois plus qualifiés sont folles: elles dérangent.

Je me suis toujours retrouvée en train de me défendre: défendre mon choix vestimentaire, défendre ma religion, défendre mes idées, défendre mon intelligence. Et cela n’est pas venu dans un vase clos. Il y eu les attaques terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. L’invasion de l’Irak, puis l’Afghanistan, le printemps arabe, l’émergence de l’état islamique et la liste est longue. A chaque fois, il faut faire la démonstration que je suis loyale et à chaque fois ma loyauté est mise en doute. Car même si je dis la vérité, ce n’est pas la vérité qu’on veut entendre. Et après tout, un musulman ne dit pas la vérité: ça fait partie de sa foi.

A chaque fois qu’il y a un incident violent qui surgit dans le monde ou une attaque terroriste dans lesquels des musulmans sont impliqués: le débat devient: la violence de l’Islam ou de l’idéologie islamiste. Les pseudo- experts sont invités dans les médias non pas pour expliquer la complexité des politiques au Moyen-Orient mais plutôt pour créer plus de confusion et surtout pour brouiller les cartes. Les débats sur les accommodements raisonnables est devenue une plateforme légitime pour que les gens affichent leur ignorance mélangée à la peur exagérée des étrangers. Rares sont les politiciens et les journalistes qui ont résisté à la tentation d’y gagner des cotes d’écoute ou des votes. C’était la curée: chacun voulait sa part.

Malheureusement: on y a tout laissé une part de notre humanité.
La grande farce qu’on a appelé la charte des valeurs québécoises a rajouté à cet état des lieux: une xénophobie assumée, une peur de l’islam, une ignorance qui réconforte, un opportunisme et un calcul politique plus que machiavélique.

Jusqu’à dernièrement, cet été, le débat importé fraîchement de Fance sur le burkini a encore une fois attise les peurs des gens et personne ne s’est demandé combien de femmes vont porter des habits pareils dans les piscines québécoises. Peu importe les faits. On n’est plus dans le rationnel, on est dans le feu de l’action.

Entre-temps, des groupes racistes d’extrême droite, comme la Meute trouve le terrain propice pour augmenter et racoller des adhérents. Des blogues, qui étaient considérés comme marginaux, en l’occurence Point de bascule, continuent en toute impunité à déverser leurs mensonges dans la population et même chez certains politiciens. De l’obscurité vers la lumière. De la marginalisation vers la normalisation. Voilà ce qui a été fait pendant les dernières années. La déshumanisation des musulmans: ce ne sont pas des personnes qui méritent des droits. Leur Dieu est Allah, ce n’est même pas notre Dieu. Leur femmes sont opprimées alors pourquoi on leur donnerait plus de droit chez nous. Vous n’avez pas de droit chez vous, alors pourquoi vous voulez qu’on vous en donne ici. Ces répliques sont aujourd’hui normales, elles peuplent les médias sociaux.

La tragédie d’hier soir doit être un moment de ressaisissement. Un moment de la dernière chance pour ne pas sombrer dans la violence et dans la haine. Les six personnes qui ont été tuées hier soir et celles qui ont été blessées ont perdu leur vie ou luttent pour leur vie parce que d’autres personnes quelques part derriere un écran d’ordinateur, ou dans un centre de tir, ou dans un jeu vidéo ont jugé qu’elles n’avaient pas le droit de vivre parce qu’elles étaient musulmanes. Les politiciens Canadiens et Québécois n’ont rien fait de concret pour dire haut et fort que nous sommes tous des Canadiens et des Québécois. Que les noms Mohamed, Oussama et Ahmed sont des noms Canadiens et Québécois, que les filles qui portent un foulard sont aussi des filles Québécoises. Cela ne suffit pas d’être tolérés. Il faut aussi savoir accepter. Dans la différence mais accepter.

Salon du livre de Genève

Je viens de passer des journées magnifiques à Genève. J’ai visité pour la première fois le Salon du livre de Genève dans sa 30è édition, en tant qu’auteure canadienne. Des auteurs québécois comme Marie Laberge ou Patrick Sénécal y sont des habitués. Ils avaient leur fans qui les lisaient et qui en demandaient plus. C’était des stars du Québec.

Evidemment, personne ne me connait là-bas ni comme auteure ni comme militante engagée pour les droits de la personne. Toutefois, en tenant des séances de dédicace, j’ai fait la connaissance de certains lecteurs suisses qui m’ont paru trop ouverts et très intéressés par ce que j’avais à leur dire sur mon experience personnelle mais aussi en tant qu’écrivaine immigrante et qui parmi ses multiples identités se présente comme musulmane.

J’ai aussi l’occasion d’avoir eu une discussion avec un auteur français sur “la philosophie de la migration”. En fait, c’était plutôt un monologue. Mr. Hédi Kaddour qui est apparemment un écrivain connu en France, n’avait pas l’air du tout intéressé à parler de migration mais certainement passionné et animé pour parler de son livre “Les prépondérants”. Je n’ai pu établir aucun dialogue avec lui, c’est comme si je n’existais pas ou presque.

Bref, tout ça pour dire que mon expérience avec “M. et Madame tout le monde” était plus chaleureuse et plus humaine qu’avec un auteur, intellectuel qui a en fait tout pour partager avec les autres mais chez qui je n’ai pas détecté beaucoup de curiosité, du moins à mon égard…

Je comprend de plus en plus que porter un foulard peut créer des obstacles, pas chez moi en tout cas, mais chez les autres. Moi, qui ai décidé, de porter un foulard pour qu’on me prenne au sérieux au lieu de s’attarder sur mon maquillage ou sur ma coupe de cheveux ou sur la mode de vêtement que je porte, me retrouve aujourd’hui toujours ramenée à la case de départ: mon choix vestimentaire et tout ce que cela représente: l’oppression, l’intégrisme, l’obscurantisme…

Je reste cependant déterminée à écrire, à réfléchir et à partager mes écrits avec ceux qui sont curieux et ceux qui veulent apprendre, connaitre et découvrir, et non pas ceux qui sont imbus d’eux mêmes et qui pensent avoir tout compris sur le monde ou posséder la vérité ou la lumière unique qui les guidera dans cette vie.

Certes, les gens en Occident ont peur de l’islam et des musulmans. Mais, les gens ont aussi besoin d’un discours intelligent, nouveau et innovateur. Les gens ne croient plus toujours à ce que leur disent les médias ou certains pseudo-intelectuels ou experts en l’islam. Ils veulent autre chose. Ils veulent des explications honnêtes et personnelles. Ils veulent des histoires et c’est là où réside le travail. C’est là où nous avons besoin de nouvelles voix pour parler, discuter, échanger des idées.

 

 

Xénophobie, racisme, islamophobie:que fait le Canada?

En 2007, le débat qui a eu lieu sur les accommodements raisonnables a polarisé la société quebqoise. Des demandes de certains groupes religieux ont été amplifiées par les médias et instrumentalisées par des partis politiques pour rentrer dans une spirale dangereuse où la présence de la religion, autre que la religion catholique, soit devenue une source de malaise.

Les choses se sont calmées relativement pour quelques années pour reprendre de plus belles en 2013 lorsque le parti québécois a bâti toute sa campagne politique sur l’interdiction des certains symboles religieux en publique. Mais personne n’était dupe, la « charte des valeurs » qui était supposée de faire prévaloir la laïcité au Québec était devenue le prétexte idéal pour interdire aux femmes musulmanes de porter leur foulard, ou parfois niqab dans les milieux de travail.

Si le reste du Canada ne sentait pas nécessairement concerné par ce qui se passait au Québec, en se montrant parfois au dessus de ces mêlées ou en évoquant les deux solitudes, tel ne fut pas le cas l’été dernier lors de la campagne électorale fédérale. L’ancien premier ministre Stephen Harper a voulu jouer au jeu dangereux de la xénophobie. Il a introduit une loi sur la tolérance zéro face aux pratiques culturelles barbares (projet de loi), il a voulu changer les procédures en place en interdisant aux femmes musulmanes qui portent le niqab de ne pas pouvoir assister à la cérémonie d’assermentation tout en portant le niqab. Il a continué à faire appel aux jugements successifs rendus par les différentes juridictions en faveur de Omar Khadr. Il a annoncé la création d’une ligne téléphonique pour reporter des pratiques culturelles. Il n’a voulu prendre que 1300 refugies syriens dans une période de 2 ans. Bref, on pourrait dire qu’il s’est comporté comme un mini Donald Trump.

En fin de route, il n’a pas réussi dans toutes ses tentatives mais malheureusement, le Canada se réveille aujourd’hui d’un long cauchemar qui est devenu une réalité. Pendant, des années le Canada a surfé sur les vagues de son ancienne réputation du temps de Lester B. Pearson comme quoi nous sommes un pays qui participe dans des missions de rétablissement de la paix. Stephen Harper a tout fait dès sa venue au pouvoir pour prouver au monde que le Canada est une puissance belligérante. Nous sommes allés en guerre en Afghanistan, puis en Iraq et Syrie dans des missions de combat. Nous nous sommes positionnés farouchement contre la Russie dans le conflit ukrainien.

Pendant des années nous avons surfé sur notre réputation que nous accueillons les refugiés à bras ouvert et pourtant aujourd’hui à cause du contexte international mais aussi à cause de toutes ces années de manque de courage des certains politiciens et de mauvaise fois d’autres, nous avons un grand travail de reconstruction à faire. Certes nous ne sommes pas l’Europe avec son lourd passé coloniale et ses rapports tendus avec ses communautés en l’occurrence Magrébines et musulmanes. Toutefois, c’est tellement facile de le devenir si nous ne faisons rien. Si nous nous n’investissons pas dans l’éducation, dans le transport en public et dans les opportunités d’emploi pour tous.

Aujourd’hui, le Canada a accepté 25,000 nouvelles personnes venant de Syrie. Ceci doit être vu comme un atout, une richesse et non pas un fardeau. Cependant, cela pourrait devenir un fardeau si ces gens là et leurs enfants sont laissés pour eux mêmes, si les écoles ne sont pas dotées de ressources éducatives appropriées si les programmes de formation professionnelles ne sont adéquats pour préparer une nouvelle main d’œuvre, si la planification urbaine de nos villes ne soit pas créative en permettant aux anciens habitants et aux nouveaux habitants de se voir et se de rencontrer si on n’investit dans la petite et moyenne entreprise pour encourager l’esprit d’innovation et de d’entreprenariat. Tous ces programmes doivent être étudiés sérieusement et pris en considération ni on veut éviter que la xénophobie s’étende et devienne la règle au lieu de l’exception.

Aujourd’hui la xénophobie n’est pas seulement quelques incidents malheureux isolés, ce n’est pas seulement une mosquée brulée à Peterborough ou une femme voilée à qui on lui enlève le foulard de force dans une rue de Montréal. C’est plus que cela. La xénophobie est une idéologie, une industrie qui fait des profits, des partis politiques qui gagnent des votes et des consommateurs qui la consomment et en redemandent. On ne peut pas combattre la xénophobie par des simples pamphlets ou par quelques mots de bienvenue. Il faut la combattre avec des programmes éducatifs et sociaux adaptés avec une infrastructure urbaine bien réfléchie et surtout avec une vision ouverte, intelligente, concertée et qui vise loin.

Mes notes lors d’un panel au Sommet de l’institut Broadbent, le 1er avril 2016

 

 

 

C’est pas ma faute, c’est les autres!

En 2006, deux jeunes journalistes hollandais, Sinan Can et Jos Van Dongen travaillant pour la station télévision Zembla, se sont penchés sur l’histoire de Ayan Hirsi Ali. Cette pseudo intellectuelle qui a fait sa carrière sur le dos des immigrants musulmans en Hollande et sur le populisme dangereux de certains clichés orientalistes vieux du moyen âge.

Hirsi Ali est venue s’installer en Hollande pour fuir soi-disant un mariage forcé. Elle a bâtie en trombe une carrière politique en devenant par je ne sais quelle conviction politique, une porte parole d’un parti de droite dont le but est de stopper l’immigration.

Les deux jeunes journalistes en question, grâce à un travail de recherche acharné et rigoureux ont pu démontrer que Hirsi Ali est une imposteur et que son histoire de pauvre musulmane, qui a fuit sa tribu barbare pour finalement découvrir la modernité et la liberté en Europe, n’était pas aussi vraie que les hollandais voulaient la croire.

Ces deux journalistes ont tout simplement découvert que Hirsi Ali savait bien manipuler le public tout comme la vérité.

La ministre de la citoyenneté hollandaise de l’époque, une amie et alliée politique de Hirsi Ali n’a pas hésité une seconde à songer à lui retirer la citoyenneté hollandaise. N’eut été le tollé que cette décision a suscité parmi les parlementaires, la ministre allait suivre le geste à la parole.

Humiliée et délaissée par plusieurs de ses anciens fans, Hirsi Ali qui a joué les héroïnes de la liberté d’expression (visant uniquement: les immigrants musulmans) et la lutte contre l’oppression des femmes musulmanes, a rapidement trouvé une perche tendue généreusement par un think-tank de droite, American Entrepise Institue, qui l’a aussitôt invitée à grande pompe ( et aussi avec gros cachet, faut-il le rappeler) à s’installer aux États-Unis pour continuer sa croisée contre l’Islam et les hordes barbares de musulmans terroristes.

Dix ans plus tard, l’histoire se répète avec des similitudes presque effrayantes. Une certaine Djemila Ben Habib s’est installée au Québec fuyant la guerre civile en Algérie des années 90.

Elle a voulu faire carrière au Québec à la « Hirsi Ali ». Livre après livre, article après article, entrevue après entrevue, Ben Habib est devenue le chouchou des médias. Un détour incontournable quand il s’agit d’avoir une experte sur « la question musulmane » au Québec. Je me rappelle, une fois qu’elle a été invitée par Michel Deshautels à l’occasion de la sortie de son livre « Les soldats d’Allah à l’assaut de l’occident». Le journaliste, pourtant chevronné, n’a pas eu la perspicacité ou peut-être l’audace, de la confronter et lui demander la source de ses affirmations. Les journalistes qui sont sensés garder leur sens d’objectivité semblent le perdre ou du moins ne plus oser contredire Mme Ben Habib car elle était devenue la femme la plus courageuse qui disait tout haut ce que certains pensaient tout bas.

Même si ce qu’elle disait ou ce qu’elle écrivait n’était pas toujours vrai.

Est-ce le fait qu’elle porte un nom arabe et qu’elle ait une certaine relation avec un pays arabo-musulman qui lui procurent automatiquement carte blanche. Je me le demande toujours.

Mais heureusement qu’une journaliste indépendante, Odile Jouanneau, persévérante et courageuse a décortiqué ce que Ben Habib racontait toutes ses années et a démontré, avec la décision du Conseil de la presse du Québec à l’appui, que Ben Habib n’est pas aussi franche avec nous qu’elle semble l’être et qu’elle a commis des actes de plagiat graves dans ses écrits.

Bof, pourrait-on rétorquer! Ce n’est pas la fin du monde, car malheureusement plusieurs autres l’ont fait avant elle! Il faudra seulement se rappeler les cas de Marguerite Wente chroniqueuse au Globe and Mail qui n’a même pas été blâmée pour son plagiat, le cas de Fareed Zakaria suspendu de CNN pour plagiat puis réintégré et toujours en poste et surtout il ne faut pas oublier le cas de Bernard Henry Levy en France avec toutes les histoires, disons d’emprunts ou de contrefaçons de textes…

Mais ce n’est pas là notre propos. C’est plutôt la réaction de Mme Ben Habib qui étonne. Le fait qu’elle parle d’être victime d’une sorte de complot politico-médiatique est un peu la même excuse qu’elle reproche à ses ennemis islamistes d’utiliser pour se replier dans leur identité obscurantiste. N’est-ce pas justement cette attitude d’auto-victimisation dont elle accuse les « soldats d’Allah » de faire preuve, qu’elle utilise maintenant à son tour.

Ne serait-il peut-être pas mieux de se retrousser les manches et de travailler à mieux s’intégrer!

Même si je ne pense pas que les critiques dirigées par Ben Habib contre la communauté musulmane sont valides et justifiées, je trouve à la fois ironique et très révélateur qu’elle les utilise maintenant pour se disculper.

Ne faut-il pas quelqu’un lui rappelle d’arrêter de « chialer » et de se lamenter sur son sort et de devenir enfin un élément positif dans la société d’accueil?

 

 

 

Au revoir Pauline: Goodbye to Quebec’s time of division

As a francophone, a North African and a veil-wearing Muslim woman, I felt deeply concerned by the debate around the Charter of Values that created turmoil in la belle province since last fall. This debate suddenly died after the crushing defeat of Pauline Marois and the Parti Québécois.
Moreover, as someone who first migrated to, then lived and studied in Quebec, I always had a special place in my heart for Montreal. I have emotional memories there. Somehow I left my heart there in one of its streets.
Last fall, I even started writing a regular column in French for the Huffington Post Quebec where I shared with readers my worries, my opinions, and even good advice that Pauline Marois chose to ignore…
The Charter of Values, or de la laïcité, was portrayed by Pauline Marois and her accomplices as a charter to fight women’s oppression and promote values of gender equality. Noble principles, indeed! The Charter was supposedly targeting the main religious symbols kirpan, yarmulke, the cross (depending on its size and place) and of course, the famous veil.
It wasn’t a very well-kept secret that the Charter was mainly targeting Muslim women who chose to wear the headscarf. Their increasing number in daycares, as educators, and in the public space in general, was apparently creating a malaise according to Bernard Drainville, the minister who initiated this charter.
So, in the name of gender equality, women wearing the veil were going to be fired from their jobs to preserve the secularism of society. What an irony!
Moreover, what Drainville kept as secret are the hundred of thousands of comments from individuals and organizations opposing the Charter as well as the legal advice he received about the Charter’s constitutionality. Maybe transparency and accountability weren’t as important for him as gender equality…

But beyond all the heated debates, and the false arguments used by Pauline Marois and her friends, two concerning phenomena became apparent:
– a social rift between mainstream society and ethnic groups.
– normalization of hateful comments directed towards Muslim women and Islam, not only on the Internet by also by some media commentators and, of course, by Janette Bertrand, the self-proclaimed head of the pro-Charter camp.
In the 2007 Quebec election, the Action Démocratique du Québec (ADQ), headed by Mario Dumont, a small political party at the time, won 41 seats in the National Assembly and against all odds became the official opposition, sending the Parti Québécois into third position.
The secret of that sudden victory? The ADQ played the political wedge card of identity. Not the veil as much as the sugar bush serving a halal menu or orthodox Jews asking that YMCA glass be covered as the poor men can’t support the view of almost naked women jogging on treadmills.
The ADQ didn’t go as far as bringing in a charter of values; they were testing the waters and it worked wonderfully. But only temporarily — and in the next election, the party was almost decimated.
After “printemps érable” and the student revolution against the Liberals and their tuition fee increase, Pauline Marois came in as the saviour of the Parti Québécois. Her strategists thought they could be smarter than the ADQ’s. They saw how lucrative the identity issue can be in terms of voting and they wanted to replicate it in order to make gains in the election. They didn’t take into consideration that the ADQ bitterly lost in their next election; they didn’t think that playing with fire can be a lot of fun until the fire catches their hands and clothes.
When I was a little girl, one of Lafontaine’s fables that impressed me was the one about the frog and the ox. The frog once saw the ox near a pond and wanted badly to become as big and as beautiful as him. So she started drinking the water until she exploded. This old French fable is taught to children and I am not sure if Pauline Marois — who claims to be a defender of French language and culture — read it.
Marois’s strategists thought that by raising the spectre of the “Muslim invasion” they would succeed as the Front National in France did. But Quebec isn’t France and North America isn’t Europe, a fact they seem to have forgotten.
Ayaan Hirsi Ali, a Somali refugee, turned into an acclaimed politician in the Netherlands espousing the cause of the extremist right-wing. It worked so well for her. Old conservatives loved her, people who didn’t want the Muslim neighbourhood to grow in their backyards quietly approved her comments, and then one day her dangerous game exploded in her face as it was discovered that she lied with respect to her refugee claim. The same people who once were her friends end up stripping her of Dutch citizenship.
She didn’t learn her lesson though. She went to the United States and started touring the American universities, repeating her same hateful speeches. Some people listened to her but many ignored her. She even scornfully admitted in one of her books that North American society was not as receptive to her message as the Europeans were.
Did Pauline Marois and her candidates hear about Ayaan Hirsi Ali? Or was she only looking at her navel, to use a French expression?
One thing is sure: Quebecers punished Marois badly for being so arrogant. Today, the challenges for all Quebecers are tremendous: economic, social and cultural. Let’s hope that the time of division is behind us. I can only hope that Pauline Marois and her clique are just a bad dream. Au revoir, Pauline!