C’est pas ma faute, c’est les autres!

En 2006, deux jeunes journalistes hollandais, Sinan Can et Jos Van Dongen travaillant pour la station télévision Zembla, se sont penchés sur l’histoire de Ayan Hirsi Ali. Cette pseudo intellectuelle qui a fait sa carrière sur le dos des immigrants musulmans en Hollande et sur le populisme dangereux de certains clichés orientalistes vieux du moyen âge.

Hirsi Ali est venue s’installer en Hollande pour fuir soi-disant un mariage forcé. Elle a bâtie en trombe une carrière politique en devenant par je ne sais quelle conviction politique, une porte parole d’un parti de droite dont le but est de stopper l’immigration.

Les deux jeunes journalistes en question, grâce à un travail de recherche acharné et rigoureux ont pu démontrer que Hirsi Ali est une imposteur et que son histoire de pauvre musulmane, qui a fuit sa tribu barbare pour finalement découvrir la modernité et la liberté en Europe, n’était pas aussi vraie que les hollandais voulaient la croire.

Ces deux journalistes ont tout simplement découvert que Hirsi Ali savait bien manipuler le public tout comme la vérité.

La ministre de la citoyenneté hollandaise de l’époque, une amie et alliée politique de Hirsi Ali n’a pas hésité une seconde à songer à lui retirer la citoyenneté hollandaise. N’eut été le tollé que cette décision a suscité parmi les parlementaires, la ministre allait suivre le geste à la parole.

Humiliée et délaissée par plusieurs de ses anciens fans, Hirsi Ali qui a joué les héroïnes de la liberté d’expression (visant uniquement: les immigrants musulmans) et la lutte contre l’oppression des femmes musulmanes, a rapidement trouvé une perche tendue généreusement par un think-tank de droite, American Entrepise Institue, qui l’a aussitôt invitée à grande pompe ( et aussi avec gros cachet, faut-il le rappeler) à s’installer aux États-Unis pour continuer sa croisée contre l’Islam et les hordes barbares de musulmans terroristes.

Dix ans plus tard, l’histoire se répète avec des similitudes presque effrayantes. Une certaine Djemila Ben Habib s’est installée au Québec fuyant la guerre civile en Algérie des années 90.

Elle a voulu faire carrière au Québec à la « Hirsi Ali ». Livre après livre, article après article, entrevue après entrevue, Ben Habib est devenue le chouchou des médias. Un détour incontournable quand il s’agit d’avoir une experte sur « la question musulmane » au Québec. Je me rappelle, une fois qu’elle a été invitée par Michel Deshautels à l’occasion de la sortie de son livre « Les soldats d’Allah à l’assaut de l’occident». Le journaliste, pourtant chevronné, n’a pas eu la perspicacité ou peut-être l’audace, de la confronter et lui demander la source de ses affirmations. Les journalistes qui sont sensés garder leur sens d’objectivité semblent le perdre ou du moins ne plus oser contredire Mme Ben Habib car elle était devenue la femme la plus courageuse qui disait tout haut ce que certains pensaient tout bas.

Même si ce qu’elle disait ou ce qu’elle écrivait n’était pas toujours vrai.

Est-ce le fait qu’elle porte un nom arabe et qu’elle ait une certaine relation avec un pays arabo-musulman qui lui procurent automatiquement carte blanche. Je me le demande toujours.

Mais heureusement qu’une journaliste indépendante, Odile Jouanneau, persévérante et courageuse a décortiqué ce que Ben Habib racontait toutes ses années et a démontré, avec la décision du Conseil de la presse du Québec à l’appui, que Ben Habib n’est pas aussi franche avec nous qu’elle semble l’être et qu’elle a commis des actes de plagiat graves dans ses écrits.

Bof, pourrait-on rétorquer! Ce n’est pas la fin du monde, car malheureusement plusieurs autres l’ont fait avant elle! Il faudra seulement se rappeler les cas de Marguerite Wente chroniqueuse au Globe and Mail qui n’a même pas été blâmée pour son plagiat, le cas de Fareed Zakaria suspendu de CNN pour plagiat puis réintégré et toujours en poste et surtout il ne faut pas oublier le cas de Bernard Henry Levy en France avec toutes les histoires, disons d’emprunts ou de contrefaçons de textes…

Mais ce n’est pas là notre propos. C’est plutôt la réaction de Mme Ben Habib qui étonne. Le fait qu’elle parle d’être victime d’une sorte de complot politico-médiatique est un peu la même excuse qu’elle reproche à ses ennemis islamistes d’utiliser pour se replier dans leur identité obscurantiste. N’est-ce pas justement cette attitude d’auto-victimisation dont elle accuse les « soldats d’Allah » de faire preuve, qu’elle utilise maintenant à son tour.

Ne serait-il peut-être pas mieux de se retrousser les manches et de travailler à mieux s’intégrer!

Même si je ne pense pas que les critiques dirigées par Ben Habib contre la communauté musulmane sont valides et justifiées, je trouve à la fois ironique et très révélateur qu’elle les utilise maintenant pour se disculper.

Ne faut-il pas quelqu’un lui rappelle d’arrêter de « chialer » et de se lamenter sur son sort et de devenir enfin un élément positif dans la société d’accueil?

 

 

 

One thought on “C’est pas ma faute, c’est les autres!

  1. Yury

    Hello Ms.Mazigh

    Your published story about CBSA needing oversight is a story with many chapters. As the only law enforcement agency in all of Canada with zero oversight, it’s power is staggering and abuses even more so. It’s not just people who have come to Canada whom they have mistreated but also it’s employees. It is a travesty and another part of Harpers legacy that must be dismantled and rebuilt. CBSA oversight should be a priority to protect all within and even outside the borders of this great nation.
    Thank you for your voice.

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