Salon du livre de Genève

Je viens de passer des journées magnifiques à Genève. J’ai visité pour la première fois le Salon du livre de Genève dans sa 30è édition, en tant qu’auteure canadienne. Des auteurs québécois comme Marie Laberge ou Patrick Sénécal y sont des habitués. Ils avaient leur fans qui les lisaient et qui en demandaient plus. C’était des stars du Québec.

Evidemment, personne ne me connait là-bas ni comme auteure ni comme militante engagée pour les droits de la personne. Toutefois, en tenant des séances de dédicace, j’ai fait la connaissance de certains lecteurs suisses qui m’ont paru trop ouverts et très intéressés par ce que j’avais à leur dire sur mon experience personnelle mais aussi en tant qu’écrivaine immigrante et qui parmi ses multiples identités se présente comme musulmane.

J’ai aussi l’occasion d’avoir eu une discussion avec un auteur français sur “la philosophie de la migration”. En fait, c’était plutôt un monologue. Mr. Hédi Kaddour qui est apparemment un écrivain connu en France, n’avait pas l’air du tout intéressé à parler de migration mais certainement passionné et animé pour parler de son livre “Les prépondérants”. Je n’ai pu établir aucun dialogue avec lui, c’est comme si je n’existais pas ou presque.

Bref, tout ça pour dire que mon expérience avec “M. et Madame tout le monde” était plus chaleureuse et plus humaine qu’avec un auteur, intellectuel qui a en fait tout pour partager avec les autres mais chez qui je n’ai pas détecté beaucoup de curiosité, du moins à mon égard…

Je comprend de plus en plus que porter un foulard peut créer des obstacles, pas chez moi en tout cas, mais chez les autres. Moi, qui ai décidé, de porter un foulard pour qu’on me prenne au sérieux au lieu de s’attarder sur mon maquillage ou sur ma coupe de cheveux ou sur la mode de vêtement que je porte, me retrouve aujourd’hui toujours ramenée à la case de départ: mon choix vestimentaire et tout ce que cela représente: l’oppression, l’intégrisme, l’obscurantisme…

Je reste cependant déterminée à écrire, à réfléchir et à partager mes écrits avec ceux qui sont curieux et ceux qui veulent apprendre, connaitre et découvrir, et non pas ceux qui sont imbus d’eux mêmes et qui pensent avoir tout compris sur le monde ou posséder la vérité ou la lumière unique qui les guidera dans cette vie.

Certes, les gens en Occident ont peur de l’islam et des musulmans. Mais, les gens ont aussi besoin d’un discours intelligent, nouveau et innovateur. Les gens ne croient plus toujours à ce que leur disent les médias ou certains pseudo-intelectuels ou experts en l’islam. Ils veulent autre chose. Ils veulent des explications honnêtes et personnelles. Ils veulent des histoires et c’est là où réside le travail. C’est là où nous avons besoin de nouvelles voix pour parler, discuter, échanger des idées.

 

 

Xénophobie, racisme, islamophobie:que fait le Canada?

En 2007, le débat qui a eu lieu sur les accommodements raisonnables a polarisé la société quebqoise. Des demandes de certains groupes religieux ont été amplifiées par les médias et instrumentalisées par des partis politiques pour rentrer dans une spirale dangereuse où la présence de la religion, autre que la religion catholique, soit devenue une source de malaise.

Les choses se sont calmées relativement pour quelques années pour reprendre de plus belles en 2013 lorsque le parti québécois a bâti toute sa campagne politique sur l’interdiction des certains symboles religieux en publique. Mais personne n’était dupe, la « charte des valeurs » qui était supposée de faire prévaloir la laïcité au Québec était devenue le prétexte idéal pour interdire aux femmes musulmanes de porter leur foulard, ou parfois niqab dans les milieux de travail.

Si le reste du Canada ne sentait pas nécessairement concerné par ce qui se passait au Québec, en se montrant parfois au dessus de ces mêlées ou en évoquant les deux solitudes, tel ne fut pas le cas l’été dernier lors de la campagne électorale fédérale. L’ancien premier ministre Stephen Harper a voulu jouer au jeu dangereux de la xénophobie. Il a introduit une loi sur la tolérance zéro face aux pratiques culturelles barbares (projet de loi), il a voulu changer les procédures en place en interdisant aux femmes musulmanes qui portent le niqab de ne pas pouvoir assister à la cérémonie d’assermentation tout en portant le niqab. Il a continué à faire appel aux jugements successifs rendus par les différentes juridictions en faveur de Omar Khadr. Il a annoncé la création d’une ligne téléphonique pour reporter des pratiques culturelles. Il n’a voulu prendre que 1300 refugies syriens dans une période de 2 ans. Bref, on pourrait dire qu’il s’est comporté comme un mini Donald Trump.

En fin de route, il n’a pas réussi dans toutes ses tentatives mais malheureusement, le Canada se réveille aujourd’hui d’un long cauchemar qui est devenu une réalité. Pendant, des années le Canada a surfé sur les vagues de son ancienne réputation du temps de Lester B. Pearson comme quoi nous sommes un pays qui participe dans des missions de rétablissement de la paix. Stephen Harper a tout fait dès sa venue au pouvoir pour prouver au monde que le Canada est une puissance belligérante. Nous sommes allés en guerre en Afghanistan, puis en Iraq et Syrie dans des missions de combat. Nous nous sommes positionnés farouchement contre la Russie dans le conflit ukrainien.

Pendant des années nous avons surfé sur notre réputation que nous accueillons les refugiés à bras ouvert et pourtant aujourd’hui à cause du contexte international mais aussi à cause de toutes ces années de manque de courage des certains politiciens et de mauvaise fois d’autres, nous avons un grand travail de reconstruction à faire. Certes nous ne sommes pas l’Europe avec son lourd passé coloniale et ses rapports tendus avec ses communautés en l’occurrence Magrébines et musulmanes. Toutefois, c’est tellement facile de le devenir si nous ne faisons rien. Si nous nous n’investissons pas dans l’éducation, dans le transport en public et dans les opportunités d’emploi pour tous.

Aujourd’hui, le Canada a accepté 25,000 nouvelles personnes venant de Syrie. Ceci doit être vu comme un atout, une richesse et non pas un fardeau. Cependant, cela pourrait devenir un fardeau si ces gens là et leurs enfants sont laissés pour eux mêmes, si les écoles ne sont pas dotées de ressources éducatives appropriées si les programmes de formation professionnelles ne sont adéquats pour préparer une nouvelle main d’œuvre, si la planification urbaine de nos villes ne soit pas créative en permettant aux anciens habitants et aux nouveaux habitants de se voir et se de rencontrer si on n’investit dans la petite et moyenne entreprise pour encourager l’esprit d’innovation et de d’entreprenariat. Tous ces programmes doivent être étudiés sérieusement et pris en considération ni on veut éviter que la xénophobie s’étende et devienne la règle au lieu de l’exception.

Aujourd’hui la xénophobie n’est pas seulement quelques incidents malheureux isolés, ce n’est pas seulement une mosquée brulée à Peterborough ou une femme voilée à qui on lui enlève le foulard de force dans une rue de Montréal. C’est plus que cela. La xénophobie est une idéologie, une industrie qui fait des profits, des partis politiques qui gagnent des votes et des consommateurs qui la consomment et en redemandent. On ne peut pas combattre la xénophobie par des simples pamphlets ou par quelques mots de bienvenue. Il faut la combattre avec des programmes éducatifs et sociaux adaptés avec une infrastructure urbaine bien réfléchie et surtout avec une vision ouverte, intelligente, concertée et qui vise loin.

Mes notes lors d’un panel au Sommet de l’institut Broadbent, le 1er avril 2016

 

 

 

Xenophobia, Racism, Islamophobia: How is Canada doing?

In 2007 the debate held in Quebec about reasonable accommodation has polarized the opinions in the society. Requests of certain religious groups were amplified by the media and exploited by political parties. All swirled rapidly down to a dangerous spiral where the presence of religion in the public arena, other than the Catholic religion, has become a source of discomfort for many.

After the Taylor-Bouchard commission, things relatively quieted down for few years and then took another steep turn in 2013 when the “parti québecois” has built his entire political platform practically on banning certain religious symbols in public. But no one was fooled (except for few of course), the “charter of values” that was supposed to uphold “la laïcté” in Quebec became the perfect pretext to ban Muslim women wearing their headscarves or niqab in the workplace.

The rest of Canada didn’t not necessarily feel concerned by what was happening in Quebec, sometimes portraying themselves as above this “racist discourse” or evoking the two solitudes, but not for long. Indeed last summer, during the federal election campaign, former Prime Minister Stephen Harper wanted to play dangerous xenophobia play. He introduced a law on zero tolerance to barbaric cultural practices. He wanted to change the procedures in place and thus prohibiting Muslim women who wear the niqab to attend the citizenship ceremony while wearing the niqab. He continued to appeal to successive judgments by various courts that ruled in favour of Omar Khadr. He announced the creation of a 1-800 line to report “barbaric cultural” practices. His government only accepted to take 1300 Syrian refugees over a period of 2 years. In short, one could say that he acted as a “mini” Donald Trump.

At the end, Stephen Harper has failed in his attempts to divide and conquer. But unfortunately Canada woke up slowly today from a long nightmare that has become a reality. For years Canada has surfed on the waves of its former reputation gained from the Lester B. Pearson legacy as a country that participates in missions to restore peace. To the opposite, Stephen Harper has done everything since coming to power until he left to show the world that Canada is a belligerent power. We went to war in Afghanistan and then in Iraq and Syria in combat missions to kill. We have even positioned ourselves strongly against Russia in the Ukrainian conflict to the contrary of the Americans.

For years we surfed on our reputation that we are a welcoming nation that embrace refugees with open arms and yet today we have a discourse that would discourage politicians to accept more refugees for fear of terrorism. Certainly we are not Europe with its heavy colonial past and its strained relations with its Muslim and North African communities for instance. However, it’s so easy to become like them if we do nothing. If we do not invest in education, in public transit and in job opportunities for all.

Recently, Canada accepted 25,000 new people coming from Syria. This should be seen as an asset, a wealth to the nation and not a burden. However, this could quickly become a burden if these people and their children are left to themselves, if schools are not provided with appropriate educational resources, if professional training programs are not adequate to prepare them for work and if urban planning of our cities is not creative by allowing previous residents and new residents to see each other and meet and if we don’t invest in small and medium enterprises to encourage the spirit of innovation and entrepreneurship. All these programs need to be studied and seriously considered if we really want to prevent xenophobia, islamophobia and racism to become the rule rather than the exception.

Today xenophobia, racism and islamophobia are not just some isolated unfortunate incidents. It is not only a burned mosque in Peterborough or a veiled woman to whom we take away by force her headscarf in a street in Montreal or Vancouver. It’s more than that. Xenophobia and islamophobia and racism are ideologies. An industry that makes profits, political parties that win votes and consumers who consume it and ask for more. We cannot combat them by some simple pamphlets or some few nice words of welcome. We must fight them with educational and social programs well thought and designed, with new urban planning and above all with an open, intelligent and concerted vision aimed for the long term.

These are my notes for a panel at the Summit of the Broadbent Institute on April 1, 2016.

After Brussels: How should Muslims respond to terrorist attacks?

After the horrible news of the attacks in Brussels and the terrible loss of life, comes the interminable list of Muslim groups denouncing terrorism, followed by the interminable list of groups and pseudo-experts putting Muslims on the defensive, blaming them for the evil of all evils.
This cycle of violence and bigotry has been going on since the attacks of September 2001. The difference today is that it is getting uglier and more acute, attack after attack. The discussion fuelled by politicians and groups with political agendas revisits Edward Said’s theory of Orientalism, which describes the centuries-long portrayal of Islam and its adherents as inherently violent and apart from civilization — unless they either renounce their faith and their culture, or become civilized through colonialism and invasion. In a post-colonialist era, policies of exclusion and anti-immigration are also a continuation of this dangerous rhetoric.
Today, any discussion that tackles the issue of terrorism in a vacuum would be useless. Any discussion of the 9/11 attacks, London attacks, Paris attack and now the Brussels attacks, to name only these, would be incomplete without examining questions of colonialism, military intervention in the Middle East, the Israel-Palestine conflict, and Western countries’ support of dictatorships in the Muslim world.
The intent here is not to justify terrorism. It is to try to understand a complex situation without the bias of the “civilized” versus the “barbaric” — without the easy but so efficient cliché of “the terrorists are attacking our values of freedom and democracy.” At the same time, the challenge in this exercise is not to provide the attackers or any of their followers with additional reasons to continue down their violent path.
For a Muslim living in the West, the position is almost impossible: should I keep denouncing actions of individuals and groups over which I have no power, or should I criticize the actions of Western countries which drop bombs and kill innocent civilians with drones in Muslim countries? Every time you want to identify as a Muslim Canadian, someone reminds you to choose between the two.
Rather than coming from ISIS, the attacks on European soil can be better described as actions by a marginalized Arab population which never felt a sense of belonging or acceptance from the mainstream society into which they were born. Speaking the language or behaving like the other kids didn’t seem to make you European or French or Belgian enough. If ISIS didn’t exist, another violent ideology would have appealed to this young disenfranchised generation that refused to shut up and bow like their parents did. They found in ISIS and its affiliates actions that would make them visible, spoken about and infamously recognized.
It is ironic that after the Brussels attacks, a picture of the iconic Belgian cartoon character Tintin and his dog depicted as sad and crying was circulating in the media. I don’t know who was behind this idea, but probably someone unaware of all the accusations of racism against Tintin made when he visited Africa and other places around the world. Would everyone identify with Tintin’s sorrow? I am not sure of the answer.
Belgium has the highest per capita number of fighters joining ISIS. Much of its Muslim and immigrant population lives in ghettos. The unemployment rate in Brussels is the highest among European capitals: in 2014, the registered unemployment rate was 20.1 per cent, whereas it was 11.4 per cent for Belgium as a whole.
Of course, we don’t want to fall into idealistic thoughts about immigration and the challenges of integration, and we don’t want to imply that all immigrants are nice people; however, the facts speak for themselves and the exclusion of immigrants is a reality in many European countries and not just paranoia coming from immigrant communities.
Belgium and France both have heavy colonial pasts. These pasts didn’t go away when large Muslim populations immigrated and settled in those countries. In recent years, both governments banned Muslim scarves in schools and brought the notion of secularism into the public sphere. Patronizing and discriminating attitudes towards Muslims aren’t just ideas discussed in obscure Internet forums: they are laws affecting Muslim lives. ISIS has used the military participation of these countries in Syria as another recruiting tool of young Europeans who feel that their own government isn’t listening to them.
After the Charlie Hebdo attacks in Paris, many French citizens went out and denounced the attacks. I remember one French intellectual commenting: something that struck him in those waves of solidarity was that not many youth were there and not a lot of diversity was present.
An honest dialogue should happen in response to these attacks. More clichés and more propaganda will harden the feeling of both sides and will never erase centuries of violence and misunderstanding.

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C’est pas ma faute, c’est les autres!

En 2006, deux jeunes journalistes hollandais, Sinan Can et Jos Van Dongen travaillant pour la station télévision Zembla, se sont penchés sur l’histoire de Ayan Hirsi Ali. Cette pseudo intellectuelle qui a fait sa carrière sur le dos des immigrants musulmans en Hollande et sur le populisme dangereux de certains clichés orientalistes vieux du moyen âge.

Hirsi Ali est venue s’installer en Hollande pour fuir soi-disant un mariage forcé. Elle a bâtie en trombe une carrière politique en devenant par je ne sais quelle conviction politique, une porte parole d’un parti de droite dont le but est de stopper l’immigration.

Les deux jeunes journalistes en question, grâce à un travail de recherche acharné et rigoureux ont pu démontrer que Hirsi Ali est une imposteur et que son histoire de pauvre musulmane, qui a fuit sa tribu barbare pour finalement découvrir la modernité et la liberté en Europe, n’était pas aussi vraie que les hollandais voulaient la croire.

Ces deux journalistes ont tout simplement découvert que Hirsi Ali savait bien manipuler le public tout comme la vérité.

La ministre de la citoyenneté hollandaise de l’époque, une amie et alliée politique de Hirsi Ali n’a pas hésité une seconde à songer à lui retirer la citoyenneté hollandaise. N’eut été le tollé que cette décision a suscité parmi les parlementaires, la ministre allait suivre le geste à la parole.

Humiliée et délaissée par plusieurs de ses anciens fans, Hirsi Ali qui a joué les héroïnes de la liberté d’expression (visant uniquement: les immigrants musulmans) et la lutte contre l’oppression des femmes musulmanes, a rapidement trouvé une perche tendue généreusement par un think-tank de droite, American Entrepise Institue, qui l’a aussitôt invitée à grande pompe ( et aussi avec gros cachet, faut-il le rappeler) à s’installer aux États-Unis pour continuer sa croisée contre l’Islam et les hordes barbares de musulmans terroristes.

Dix ans plus tard, l’histoire se répète avec des similitudes presque effrayantes. Une certaine Djemila Ben Habib s’est installée au Québec fuyant la guerre civile en Algérie des années 90.

Elle a voulu faire carrière au Québec à la « Hirsi Ali ». Livre après livre, article après article, entrevue après entrevue, Ben Habib est devenue le chouchou des médias. Un détour incontournable quand il s’agit d’avoir une experte sur « la question musulmane » au Québec. Je me rappelle, une fois qu’elle a été invitée par Michel Deshautels à l’occasion de la sortie de son livre « Les soldats d’Allah à l’assaut de l’occident». Le journaliste, pourtant chevronné, n’a pas eu la perspicacité ou peut-être l’audace, de la confronter et lui demander la source de ses affirmations. Les journalistes qui sont sensés garder leur sens d’objectivité semblent le perdre ou du moins ne plus oser contredire Mme Ben Habib car elle était devenue la femme la plus courageuse qui disait tout haut ce que certains pensaient tout bas.

Même si ce qu’elle disait ou ce qu’elle écrivait n’était pas toujours vrai.

Est-ce le fait qu’elle porte un nom arabe et qu’elle ait une certaine relation avec un pays arabo-musulman qui lui procurent automatiquement carte blanche. Je me le demande toujours.

Mais heureusement qu’une journaliste indépendante, Odile Jouanneau, persévérante et courageuse a décortiqué ce que Ben Habib racontait toutes ses années et a démontré, avec la décision du Conseil de la presse du Québec à l’appui, que Ben Habib n’est pas aussi franche avec nous qu’elle semble l’être et qu’elle a commis des actes de plagiat graves dans ses écrits.

Bof, pourrait-on rétorquer! Ce n’est pas la fin du monde, car malheureusement plusieurs autres l’ont fait avant elle! Il faudra seulement se rappeler les cas de Marguerite Wente chroniqueuse au Globe and Mail qui n’a même pas été blâmée pour son plagiat, le cas de Fareed Zakaria suspendu de CNN pour plagiat puis réintégré et toujours en poste et surtout il ne faut pas oublier le cas de Bernard Henry Levy en France avec toutes les histoires, disons d’emprunts ou de contrefaçons de textes…

Mais ce n’est pas là notre propos. C’est plutôt la réaction de Mme Ben Habib qui étonne. Le fait qu’elle parle d’être victime d’une sorte de complot politico-médiatique est un peu la même excuse qu’elle reproche à ses ennemis islamistes d’utiliser pour se replier dans leur identité obscurantiste. N’est-ce pas justement cette attitude d’auto-victimisation dont elle accuse les « soldats d’Allah » de faire preuve, qu’elle utilise maintenant à son tour.

Ne serait-il peut-être pas mieux de se retrousser les manches et de travailler à mieux s’intégrer!

Même si je ne pense pas que les critiques dirigées par Ben Habib contre la communauté musulmane sont valides et justifiées, je trouve à la fois ironique et très révélateur qu’elle les utilise maintenant pour se disculper.

Ne faut-il pas quelqu’un lui rappelle d’arrêter de « chialer » et de se lamenter sur son sort et de devenir enfin un élément positif dans la société d’accueil?

 

 

 

Are you on the terrorism blacklist? Maybe, but you can’t do anything about it.

Last week, a Vice News investigation revealed that a terrorism blacklist database, known as World-Check and founded in 1999, contains 2.7 million entries, many of them Muslim individuals and organizations.
This list is not a scientific compilation of data; rather, it’s a controversial list that many victims suspect of ruining their lives. Indeed, some non-profit organizations based in the U.K. believe that this list is the sole reason behind the sudden decision of banks to freeze their accounts with no explanation.

World-Check claims that it uses reliable and reputable information about individuals and organizations but they were unable to explain the listing of Mohamed Iqbal Asaria, a British national who was a former World Bank and Bank of England adviser and who was given a Commander of the Order of the British Empire award in the 2005 Queen’s Honours List for services to international development.
Websites run by anti-Muslim proponents like Daniel Pipes and Steven Emerson are some of the sources used by Word-Check to support their allegations and include names on their list.
According to Vice News, the World-Check list is consulted by 300 government and intelligence agencies, 49 of the 50 biggest banks, pre-employment vetting agencies and nine of the top 10 global law firms.

The question is: how many Canadian individuals and organizations are on the list and is this list being used by our government or other Canadians agencies? If it turns out to be the case, how many individuals have been unduly affected by it?
In Canada, the Financial Transaction and Reports Analysis Centre (FINTRAC) came out of an act addressing money laundering. After 9/11, the legislation was amended to include terrorist financing activities. Thus, FINTRAC was born.

Its mandate is to “facilitate the detection, prevention and deterrence of money laundering and the financing of terrorist activities, while ensuring the protection of personal information under its control.” Even if it is explicitly stated that the personal information under the control of FINTRAC is protected, it remains unknown to the public whether FINTRAC has used the services of World-Check and whether it relied on this information in their internal investigations.
Two senior World-Check employees speaking under the condition of anonymity admitted that over an eight-year span, they had never seen a single case of “delisting.” So basically, once you are on the list, you will stay there forever.

What is worrisome is that World-Check isn’t even a government organization regulated by measures and overseen by an independent body; it is a private company that sells data to governments, banks and employment agencies and makes its profits from what is written on the Internet about people.
In a world more and more obsessed with security and where security has become a commodity valued, traded and sought after, companies are building, with zero accountability, a billion-dollar profit industry. Meanwhile, the livelihood and the reputation of innocent individuals and organizations don’t seem worth much, if anything at all.

This article has been previously published on rabble.ca

Will the Canadian government shed light on the no-fly list?

It is a shame that a number of Canadian toddlers and young children are being humiliated at the airport in the name of extra security checks and delayed in boarding their plane with their parents. How as a society have we reached this level of complacency, accepting that such actions are “normal” under the pretext of living in security?
The recent promise by Public Safety Minister Ralph Goodale to open an investigation into the case of six-year-old Syed Adam Ahmed, whose name appears on Canada’s no-fly list, isn’t enough and here’s why.
In 2007, when the Passenger Protection Program (PPP) — copied on the U.S. model — was established in Canada, the Canadian government at the time failed to produce any concrete evidence of the efficiency of such a program. Canada was under a lot of pressure from the U.S. government to have this program and prevent “unwanted” travellers from boarding planes. The problem with this list is that it is shrouded in secrecy. The number of persons listed is not public. It is estimated to be between 500-2,000 persons. The government refused to release the exact number, claiming that this might help the terrorists in their plans to attack or harm us.
Here we have to distinguish between two categories of passengers: those who are denied boarding and those who are delayed boarding a plane.
In the case of the children presented in recent media reports, we are dealing with the second category. It is known as a “false positive.” In other words, these are people who do not represent any threat to security but are going to wrongfully end up on the no-fly list.

Since 2010, the government has been aware of this problem and hasn’t taken any concrete measures to correct the situation. Rather, I suspect the situation has worsened since we now have cases of children brought to us as “false positives.”
This is what Director General of Aviation Security at Transport Canada, Laureen Kinney, declared more than five years ago to the Standing Joint Committee for the Scrutiny of Regulations about this topic:
“The other point that I might raise is that there have been approximately 850 potential false positive matches that our people have handled in the three years of the program…”
So at that time, this was already a huge number; I wonder how many cases we have today? Why can’t Mr. Goodale give us this number?
Another disturbing question worth mentioning is why this six-year-old boy kept being delayed through the years even though Transport Canada claims that the list is refreshed every 30 days. Indeed, this is what Ms. Kinney said at the same committee in 2010:
“As I mentioned, the list is reviewed every 30 days. It is a built-in process. There is a meeting of the committee that looks at the Specified Persons List. We look at the list every 30 days in that process. The meeting is held without fail. The names that come forward for consideration deal with people who have demonstrated, in some fashion, the capability and intent to pose a threat to aviation security. Absolutely, it is not based in any way on ethnic, cultural, religious or other such factors. It is purely about what has happened, what has been done and what the specific facts of the individual are. Evident from the statistics of the program, the small number of people who have been matched indicate that is the case and it is applied that way in practice.”
So assuming Syed Adam Ahmed’s name was mistakenly added the first time and then brought to the attention of Transport Canada officials, we would expect that they would have refreshed the list after 30 days so his name should have been erased by the second or third attempt at boarding a plane, but Syed Adam Ahmed’s parents said that this ordeal was repeated each time they tried to board a plane with their son, until recently.
And finally, there is the whole question of redress. In a democracy, there must be a judicial review process to accompany any government program to avoid arbitrary decisions and human mistakes that may occur. With these “false positive” cases, there is no such process. People affected are left with no recourse except the media.
Now that more and more parents are coming forward with similar stories about their kids being stopped and delayed in boarding their plane, it is time for the government to act swiftly. An investigation isn’t enough. A total revamp of the no-fly list is needed as well as the implementation of a transparent judicial review that would allow everyone who has been prevented from travelling or delayed in flying to get the explanations they deserve.
Yesterday evening, Minister Goodale issued a statement promising that the government will hold public consultations on the PPP to make sure that Canadians will remain safe while upholding our democratic values. This is a very promising step. It is overdue.

This article was previously published on rabble.ca